Avant toute chose, nous tenons à préciser que nous ne sommes pas médecins, tous les conseils médicaux qui vont suivre nous ont été donnés par un pédiatre spécialisé en maladies infectieuses et tropicales. Ces informations concernent la configuration de notre famille, à savoir des adultes, des enfants et un bébé, et sont aussi adaptés à notre mode de voyage et la zone du monde que nous visitons. Ils peuvent bien sûr, être utiles dans bien des situations, d’où notre envie de partager à ce sujet. Mais rien ne remplace une consultation personnalisée avec un médecin formé à ces problématiques.
Avant de partir :
Les vaccins : après les conseils du médecin, nous avons choisi de nous faire vacciner contre la rage (il n’empêche pas de l’attraper mais augmente le délai disponible pour prendre le traitement), la typhoïde, l’hépatite A (juste la première injection qui protège pendant 1 an, nous devrons faire une deuxième à notre retour pour être couverts à vie), l’encéphalite japonaise (plus rare et surtout en zone rurale), la tuberculose (seulement pour nos deux enfants les plus jeunes, car la maladie est grave surtout pour les moins de 6 ans). Nous avons une manière de voyager qui nous expose un peu plus aux maladies que la moyenne, en étant en contact avec des enfants, en étant logés chez des locaux, en ayant des logements rudimentaires, en prenant les transports en commun, en s’éloignant parfois des circuits touristiques… donc nous avons pris la décision de faire tous les vaccins proposés.
Ariane : quelques jours avant le départ, il est recommandé s’inscrire sur l’application Ariane du Ministère des affaires étrangères pour prévenir de son séjour et prévoir une communication efficace en cas d’isolement. Il faut également avoir sous la main le numéro de l’ambassade ou le consulat français.
Le check-up complet : le mois précédant le départ, toute la famille fait un marathon des RDV médicaux pour vérifier que tous les membres de la tribu sont en bonne santé, et limiter les soucis sur place : ophtalmologue, dentiste, pédiatre, gynécologue et les spécialistes en cas de pathologies particulières (rhumatologue et pneumologue pour nous)
La trousse à pharmacie : traitements habituels avec les ordonnances, médicaments systématiques (antalgiques, antipyrétiques, antidiarrhéiques, antihistaminiques, antibiotiques à spectre large, antibiotiques spécifiques : otite, conjonctivite, infection urinaire, bactéries intestinales), soluté de réhydratation, ultralevures. La forme en poudre et en comprimés est à privilégier plutôt que les sirops. A emporter avec les notices.
La trousse de secours : bandes, pansements, compresses, désinfectant, tire-tique, aspivenin, crème solaire indice 50, antimoustiques adaptés à la zone, couverture de survie, crème anti-inflammatoire, arnica
Pendant le voyage :
Trajets en avion : la veille du vol, éviter de manger des aliments qui font gonfler le ventre (féculents), prévoir à boire pour les enfants pendant le décollage et l’atterrissage, et mettre des bas de contention pour prévenir le risque de phlébite.
L’eau : l’eau courante n’est pas potable en Asie du sud-est. Elle présente un risque d’infection (diarrhée, hépatite A, typhoïde, amibes, vers intestinaux…). Il faut, en toute circonstances, pouvoir se procurer de l’eau minérale conditionnée en bouteille fermée. En cas d’impossibilité, il est envisageable de la filtrer avec une gourde prévue à cet effet, ou de la désinfecter avec des tablettes (Aquatabs ou Micropur par exemple). Elle peut également être consommée si elle est bouillie pendant 5 minutes. Au restaurant, il est fortement recommandé de ne pas prendre de glaçon dans sa boisson.
La nourriture : au même titre que l’eau, la nourriture peut être une source d’infection. Il faut éviter les kiosques de rue, les fruits et légumes crus, non lavés et non épluchés, les plats réchauffés, les œufs ou la viande insuffisamment cuits, les glaces, les produits laitiers non pasteurisés, les crustacés et les coquillages. La diarrhée est fréquente en voyage, notamment chez les jeunes enfants. Les médicaments contre la diarrhée ayant une efficacité relative, il faut simplement veiller à rester bien hydraté. En cas de symptômes sévères accompagnés de fièvre, sang, fortes douleurs abdominales, plus de 3 jours, il faut prévoir une consultation médicale et prendre un antibiotique prévu à cet effet.
Blessures et accidents : sujet sensible ici donc pris au sérieux. Il est très important de prendre des transports avec un chauffeur sûr. Au moindre doute, il ne faut pas hésiter à changer. Il est préférable d’éviter les transports sur route la nuit, et les enfants doivent être attachés dans un dispositif adapté. Il faut éviter de marcher pied nu (même sur la plage) pour prévenir les blessures et certaines infections.
Le soleil et la chaleur : les enfants sont les plus sensibles à la chaleur et au soleil. Il faut boire régulièrement, éviter de s’exposer et de faire des activités demandant un effort physique aux heures les plus chaudes (11h-16h), et rester à l’ombre le plus possible. Il est très important de prévoir une casquette bien couvrante, se couvrir la peau et mettre des lunettes de soleil. Les parties du corps qui ne sont pas couvertes devront être enduites de crème solaire très haute protection (50+) anti UVA et UVB, à renouveler toutes les 2h. Sous les tropiques, on brûle, on ne bronze pas.
Les moustiques : en Asie, les moustiques sont porteurs de nombreuses maladies (paludisme, dengue, encéphalite japonaise, chikungunya, Zika et d’autres germes). La vaccination permet à ce jour de se protéger seulement contre l’encéphalite japonaise. Un traitement préventif sous forme de médicaments oraux existe aussi contre le paludisme, qu’il faut prendre toute la durée du séjour. Pour les autres, la seule solution est d’éviter de se faire piquer. Le premier conseil, est d’éviter les zones à forte densité de moustiques. Les zones les plus à risques sont les zones rurales et humides. Les moustiques sont de sortie principalement le matin et en fin de journée. Toutefois, ils peuvent aussi être présents toute la journée. Le site https://pasteur-lille.fr/centre-prevention-sante-longevite/vaccins-et-voyages/preparer-ses-voyages/ est utile pour repérer quelles maladies sont présentes et sur quelle partie du territoire. On nous a conseillé de choisir nos logements avec des lits dotés de moustiquaires, ou d’en emmener avec nous. Les logements avec clim sont également à privilégier, car sans protéger complètement ils limitent les piqûres. Il faut impérativement porter des vêtements amples et couvrants, mais il n’est pas nécessaire qu’ils soient imprégnés, car sur le long terme les effets nocifs des produits sont plus problématiques que la piqûre de moustique, notamment chez les jeunes enfants. Sur les parties découvertes du corps, il faut appliquer un répulsif adapté, ayant une autorisation de mise sur le marché et utilisable chez les enfants d’au minimum 2 ans. Il nous a été conseillé d’en acheter un ayant la molécule IR3535 (35%) pour une utilisation quotidienne, et un autre dont la molécule DEET (30%) est plus efficace mais avec peu de recul sur son utilisation. Donc à utiliser uniquement en zone à risque élevé. Les deux peuvent être utilisés par toute la famille, enfants compris (car la plus jeune aura plus de 2 ans, sinon les molécules restent les mêmes mais la concentration doit être moins élevée).
Les animaux : nos enfants ne sont pas particulièrement attirés par nos amis les animaux donc on ne devrait pas être trop embêtés. Mais il faut garder à l’esprit, qu’il faut garder ses distances car une morsure ou une griffure peut transmettre des infections (dont la rage). De même que le contact avec des chauves-souris. Si cela devait se produire, une consultation médicale doit être envisagée même si on a été vacciné, pour nettoyer la plaie et se faire prescrire des antibiotiques.
La baignade : la noyade est un risque non négligeable. Même si cela peut paraître une évidence, les enfants ne doivent pas rester sans surveillance pendant cette activité. Dans certaines zones, la baignade en eau douce est déconseillée pour cause de transmission de maladies. Il faut toujours éviter les eaux stagnantes, se baigner dans une eau qui coule ou salée. Pas de plongée avant 8 ans.
Altitude : dans cette zone nous n’aurons pas à affronter des altitudes trop élevées. Mais il faut garder en tête que avant 2 ans, on ne va pas au-delà de 2000m, entre 2 et 5 ans on ne dépasse pas 2500m et entre 5 et 10 ans, pas plus haut que 3000m pour ne pas avoir le mal aigu des montagnes. Pour les enfants de plus de 10 ans et les adultes, des précautions sont nécessaires pour les randonnées en haute altitude (plus de 4000m) en faisant des pauses régulières et en dépassant pas un dénivelé de 500m par jour.
Après le voyage :
Il faut être attentif si des symptômes apparaissent après le retour en France. Il faut consulter d’urgence si une fièvre brutale et des douleurs articulaires se manifestent soudainement dans les 15 jours, afin d’éviter de disséminer sur le territoire métropolitain des virus comme le chikungunya, Zika ou même la dengue. Il faut également consulter un médecin, si une fièvre supérieure ou égale à 38°C apparaît dans les mois suivant le retour, ainsi que d’autres symptômes inhabituels comme des lésions cutanées ou des troubles digestifs.






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