Nous sommes à Bangkok depuis à peine 4 jours et nous avons l’impression d’y être depuis des semaines. Nous prenons nos marques tranquillement et à la fois on commence déjà à avoir nos petites habitudes. Nous voulions être dépaysés, et nous sommes servis. Nous faisons de notre mieux pour nous intégrer et comprendre cette culture et ce mode de vie si éloignés des nôtres.

Le climat

C’est certainement le plus difficile. La petite tribu de demi-bretons a beaucoup de mal s’acclimater. Il fait une chaleur étouffante et l’air est difficilement respirable en ville. Hier par exemple, il faisait 40°c d’un air humide et pollué, sans un souffle d’air. La moindre sortie demande beaucoup d’énergie. Nous ralentissons donc le rythme, inutile de cramer les batteries dès la première semaine. On limite nos sorties une seule visite ou un seul lieu en extérieur par jour. De préférence en matinée. On ne cochera pas toutes les cases de notre liste pour Bangkok et on est totalement en accord avec cela. On dort plus tard le matin, on passe du temps à la piscine de la résidence, on discute les pieds dans l’eau avec nos voisins thaïlandais (ou français expatriés et voyageurs) et on adore cette partie-là du voyage également. Concernant le climat, il faut aussi s’habituer à passer plusieurs fois par jour à des extrêmes opposés de températures. Les thaïlandais adorent la clim et ils la mettent très forte. On passe notre journée à alterner entre 40° en extérieur et 22-23° à l’intérieur. Même nous qui avons une clim à la maison qu’on apprécie, ces variations brutales plusieurs fois par jour mettent nos corps à rude épreuve.

Le trafic routier

Les thaïlandais roulent à gauche, et n’ont pas ou presque pas de code de la route. Ou alors ils en ont un qu’ils ne respectent pas, le mystère restera entier ! Notre grand nous a fait remarquer à juste titre : « C’est normal qu’ils roulent n’importe comment il n’y a pas de panneau ». Remarque plutôt pertinente ! Quoi qu’il en soit, c’est très compliqué de s’habituer, pour nous européens, à ce joyeux bazar sur la route. En tant que piéton, il est très difficile de traverser une route car personne ne s’arrête. Même si nous sommes engagés sur un passage piéton. Inutile de préciser qu’avec nos antécédents, ce n’est pas facile à vivre pour moi. Pour l’instant on a évité les transports routiers, à part une course très courte en tuk-tuk. Sinon on privilégie le métro : c’est très bon marché, rapide et écologique pourquoi s’en priver ! Et les déplacements à pieds se limitent au strict nécessaire. Je suis consciente qu’il faudra passer ce cap en passant plusieurs mois en Asie, mais chaque chose en son temps, comme on dit : Rome ne s’est pas construite en un jour.

Le bruit

La ville de Bangkok est très bruyante. Entre les gens qui parlent fort dans une langue qu’on ne maîtrise absolument pas, les (trop) nombreux véhicules qui roulent vite, qui klaxonne, la musique à fond… ça peut surprendre ! Personnellement je ne suis pas dérangée par le bruit mais les enfants apprécient à moyenne dose. Les étapes suivantes ne seront plus dans les grandes villes donc cet aspect là est temporaire nous concernant.

La conscience écologique

La conscience écologique est très peu développée ici, et le contraste avec nos habitudes de vie en France est percutant. Je savais qu’en Asie, il n’y a pas les mêmes moyens, le même accès à l’information, le même niveau de vie, ni même l’accès à l’eau potable et que par conséquent les préoccupations écologiques ne sont pas les mêmes. Mais chaque seconde mon cœur saigne pour notre planète ! Le suremballage est monnaie courante (parfois jusqu’à 3 emballages pour un même produit), les poubelles débordent de bouteilles en plastique, les contenants jetables en plastique sont systématiques à chaque stand de street food donnés en plus dans un sachet plastique (et ces stands-là, il y en a tous les 15m à Bangkok), il y a de la nourriture partout et à outrance, on trouve très peu de produits biologiques, le tri sélectif n’existe pas (même pas pour le verre ou très peu), l’air est ultra pollué, ainsi que les eaux, il y a beaucoup de transports individuels (taxis, grabs, tuk-tuks, voitures personnelles, scooters, motos…), la clim est à fond avec les portes grandes ouvertes absolument partout, il y a des stands de vêtements, de jouets, de souvenirs, de maroquinerie et j’en passe à tous les coins de rue. Sans mauvais jeux de mots, c’est le temple de la consommation par excellence. Je ne blâme absolument pas la population thaïlandaise qui n’est pas aidée par les conditions météorologiques, le niveau de vie du pays et le tourisme de masse. Toujours est-il, qu’assister à ces pratiques et ces situations me préoccupe vraiment de l’avenir que nous laissons à nos enfants.

La nourriture

Il faut un petit temps d’adaptation aux enfants pour apprécier les nouvelles saveurs qu’on leur propose. En même temps, erreur de débutante, le premier repas, à peine sortis de l’avion, que je suis allée leur acheter, était épicé. Non pas épicé, ultra épicé ! Même nous les adultes, nous avons galéré à le finir. Alors pour une entrée en matière réussie on repassera ! On a essayé de se rattraper depuis, mais pour l’instant le succès est mitigé. On finira bien par trouver ce qui leur correspond ! Pour l’instant, on ne veut pas les brusquer alors on reste simple sur du riz blanc avec des nems, du poulet pané, des œufs… On cuisine des produits qu’on connaît à l’appartement aussi (pâtes bolo, crudités, légumes connus, pain de mie etc…) et on introduit progressivement les mets asiatiques. Leur père, en revanche est au paradis des bons vivants. Il y a tellement de choix, de plats différents, de bonnes odeurs partout qu’il ne sait plus où donner de la tête. Il voudrait tout goûter, partout et à toutes les heures (et il le fera sûrement). Quant à moi, j’adore la nourriture thaïlandaise, j’ai envie de goûter le plus de plats possibles mais (team psychorigide de l’hygiène) j’ai un peu de mal à franchir de cap de la street food. De voir cette nourriture à l’étalage sous 40° depuis je ne sais pas combien de temps… Je ne suis pas encore prête. Je laisse Nico tester pour voir s’il tombe malade (je blague, enfin presque!), bref je verrai plus tard dans le voyage. Par contre, je me régale à tester les plats au restaurant ou au rayon traiteur des supermarchés.  Bon le prix n’est vraiment pas le même mais tant pis. Acclimatation progressive on a dit ! En tout cas, il va falloir être vigilants si on veut rentrer dans nos vêtements jusqu’à la fin du séjour !

Les Thaïlandais

Les gens sont gentils. Juste comme ça, sans contrepartie. Ils sourient toute la journée, ils viennent nous parler spontanément, ils veulent nous aider (porter la poussette, comprendre la machine à tickets, une dame a même voulu payer les tickets quand nous n’avions pas de pièces seulement des billets, donner une direction…), ils tapent dans la main des enfants, leur parlent, essayent de les faire rire, les prennent en photo… Cet environnement baigné de bienveillance et de sollicitude fait vraiment du bien à notre moral et contribue véritablement à rendre notre vie ici plus douce.

Notons quand même l’aspect « j’arnaque les touristes », de la part de certains chauffeurs ou commerçants, mais on le sait et on l’accepte tant que les sommes ne sont pas démesurées ou que ce n’est pas quotidien. Notre vie ne changera pas pour 2€ de plus, mais la leur peut-être.

La communication

Il faut se remettre à parler anglais et ça fait un moment qu’on n’a pas eu l’occasion de vraiment pratiquer… C’est comme le vélo ça ne s’oublie pas, il paraît. Mais parler anglais avec des personnes qui ont l’accent thaïlandais c’est une sacrée histoire. On rigole bien, il y a quelques malentendus mais on finit toujours plus ou moins par se comprendre avec des gestes, un traducteur… Ou alors on croit avoir compris et en fait non. On apprend aussi quelques mots en thaï pour dire bonjour et merci dans un premier temps. Et c’est super difficile à retenir ! Mais les gens sont trop contents qu’on essaye de parler leur langue. Et quand ce sont les enfants, n’en parlons pas, ils sont limite émus ! Alors ça motive à essayer. Les garçons commencent à connaître plein de mots en anglais alors que nous sommes ici depuis à peine quelques jours. Je trouve super de les faire baigner dans cet univers multilingue.

Des habitudes et des pratiques différentes

  • Il n’y a pas de couteau de table dans notre appartement (juste des couteaux de cuisine), et ni aux restaurants. La viande arrive déjà coupée dans l’assiette.
  • Il n’y a pas toujours des verres non plus. On boit souvent directement à la bouteille.
  • On ne boit jamais l’eau du robinet. On a appris aux enfants à ne boire que dans leurs gourdes.
  • Les supermarchés sont toujours ouverts (7j/7) sur des plages horaires très larges et certains même 24h/24.
  • Il n’y a aucun chiffre 13 en Thaïlande. A l’aéroport, pas de guichet n°13, ni de tapis de retour des bagages n°13, notre immeuble n’a pas d’étage 13 mais 12A… cela m’a intriguée alors je me suis renseignée, et ce nombre porte malheur en Thaïlande, il n’y a jamais de 13 nulle part.
  • Les thaïlandais sont pudiques : ils se baignent habillés, pas de gestes d’affection en public et ne montrent pas leur émotions (pas de cris ou d’accès de colère dans les rues par exemple)
  • Ils se déchaussent toujours avant d’entrer dans un logement et ne marchent pas sur l’encadrement de la porte pour ne pas déranger les fantômes. On a vu notre hôte se déchausser pour nous faire visiter l’appartement, alors incrédules nous avons fait la même chose, et il a rigolé en disant que nous n’étions pas obligés !
  • Ils croient beaucoup aux fantômes. D’ailleurs il ne faut pas dire à un bébé qu’il est mignon car cela attire les démons jaloux et malveillants sur l’enfant, qui risque d’être enlevé à sa famille.
  • Pour les thaïlandais, la tête est sacrée. Il est très mal vu de toucher la tête de quelqu’un, même d’un enfant.
  • A l’inverse, les pieds sont impurs alors pour ne pas offusquer les thaïlandais on évite de toucher quelqu’un avec ses pieds, de mettre ses pieds sur la table, de s’asseoir les pieds en avant…

Il y en a sûrement beaucoup d’autres que nous découvrirons au fil des semaines passées dans ce pays. Mais en seulement 4 jours, les différences culturelles que nous avons notées sont déjà très nombreuses. Et on adore découvrir cette façon de vivre qui leur est propre !

4 réponses à « Arrivée au pays du sourire, premières impressions »

  1. Très beau récit .
    Pour avoir voyagé dans de nombreux pays asiatiques cette description est transposable à toute l’Asie.
    Actuellement en Inde, je vie toutes ces situations. Le piéton n’est pas prioritaire et la traversée d’une rue surchargée de véhicules est un véritable exploit. L’écologie n’existe pas, l’eau n’est pas potable, les arnaques sont fréquentes, et j’en passe comme les ordures etc.
    Les premiers jours sont les plus difficiles et surtout avec les enfants. Mais je sais que vous surmonterais cette période et que vous vivrais une superbe aventure que vous n’oublierais pas de si tôt.
    Bonne continuation et gros bisous à vous cinq. Je pense bien à vous.

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    1. Merci pour ton témoignage qui nous conforte dans notre projet. Effectivement, les premiers jours ont été éprouvants, mais chaque jour l’est déjà un peu moins que le précédant. On prend notre temps et on s’adapte à nous nouvel environnement et notre nouveau mode de vie. Bon voyage en Inde et gros bisous !

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  2. J’adore ta manière d’écrire, tu es douée pour nous transporter jusqu’à vous ! Sacrée expérience, tellement riche pour les enfants… Et ce n’est que le début !
    On attend la suite avec impatience..
    Bises
    PS: Je te comprends totalement pour ta réticence à gouter la street-food !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup pour ton retour Marion ! Je prends vraiment du plaisir à partager cette expérience avec vous. Bisous !

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