Le trajet jusqu’à Khao Lak se déroule sans encombre. On hésitait à passer par Phuket, une ville dans laquelle nous ne souhaitions pas séjourner, mais éventuellement la visiter sur une journée. On a changé d’avis en chemin, car le retour des voyageurs qu’on a croisé était unanime : c’est très touristique, le coût de la vie sur place est élevé, c’est très urbanisé, ville balnéaire de 80 000 habitants, portée sur la fête, la vie nocturne… Pas pour nous donc ! L’avantage de la voiture, on adapte notre itinéraire à nos envies. On a souhaité prendre des petites routes en pleine campagne thaïlandaise, s’arrêter en chemin sur des minis marchés, observer l’immensité de la jungle, les petites maisons thaïlandaises, échanger quelques mots avec des locaux qui voient passer très peu de touristes, et l’expérience nous ressemble beaucoup plus.

J15 : une installation mouvementée
Depuis notre arrivée en Thaïlande, on communique avec les hôtes ou les propriétaires d’hôtel avant de réserver le logement pour leur demander l’autorisation de ne réserver qu’une seule chambre et d’y dormir à 5, sachant que nous sommes autonomes sur les couchages des enfants. La plupart du temps, ils répondent par l’affirmative, d’autant plus en réservant en dernière minute. La plupart préfère accepter cette condition que passer à côté d’une réservation qui laissera très certainement la chambre vacante. Cette réservation-là était un peu « bizarre » dès le départ. La propriétaire accepte qu’on loge à 5 dans une seule chambre, mais une fois le logement réservé, elle ne confirme pas la réservation en nous disant qu’elle a un problème pour valider, mais de venir quand même, qu’elle prépare la chambre. On sent un peu la situation pas claire, alors on continue à communiquer et elle se contredit plusieurs fois. Elle dit de venir et qu’elle validera après notre départ. On lui demande de valider sinon on annule la réservation donc elle finit par le faire. Hummm bizarre ! Mais comme les logements à bas prix sont rares à Khao Lak on s’y rend quand même. Et comme nous l’avions pressenti, en arrivant elle nous demande un extra à payer. D’une somme modique qui double le prix de départ. S’ensuit un débat entre elle et moi, qui dure quand même un petit moment. Les enfants étaient déjà au frais dans la chambre et ils en avaient marre de la route. Ils voulaient juste se poser. Et moi, je ne voulais pas lâcher le morceau, une question de principe. Je suis complètement en accord avec le fait payer le prix que vaut un logement et les frais qui s’y rattachent. Mais je veux le savoir dès le départ, pas être mise devant le fait accompli. Au bout d’un moment, et après avoir dit qu’on allait partir et appeler la plateforme, elle accepte qu’on séjourne au prix qu’on a payé sur l’application Agoda. En creusant un peu, on a fini par comprendre, qu’Agoda avait fait une grosse promotion sur la chambre et que d’habitude elle ne la louait pas à ce prix-là (certainement du fait qu’on réserve en dernière minute, il y a souvent une remise intéressante). Donc elle a voulu compenser en nous faisant payer les enfants, presque plus cher que les adultes et ce, malgré notre accord initial, puis des charges (inventées) non comprises dans le prix etc…

Elle a compris notre point de vue quand je lui ai dit, que si on avait su le tarif dès le départ on aurait cherché ailleurs car ne n’était pas dans nos moyens, et que nous n’avons pas à compenser les dysfonctionnements entre elle et la plateforme de réservation. Elle s’est excusée plusieurs fois, et on ne lui en veut pas, au contraire, on se sentait même désolés pour elle à la fin. Elle a quand même de la chance d’être tombés sur nous, on a essayé de comprendre son problème et son point de vue sans jamais que ça ne monte dans les tours. D’autant plus, qu’elle nous annonce comme si cela n’avait pas d’importance, qu’elle a un problème avec sa pompe et que le logement n’a finalement pas l’eau courante. Juste une grosse cuve d’eau à moitié grise placée dans la salle de bain. Et qu’on doit lui envoyer un texto à chaque fois qu’on veut prendre une douche ou tirer la chasse, pour qu’elle aille pomper l’eau. Donc déjà t’oublie ta douche à 23h ! Bon, nous, ça nous fait marrer, ça nous fait une expérience et une anecdote de plus à raconter. Mais je ne pense pas que l’information serait passée de manière aussi lisse chez tout le monde. On est partis du mauvais pied, mais finalement, cette dame est d’une gentillesse incroyable. On a adoré séjourner chez elle, et elle était presque émue de nous voir partir.

Pour nous remettre de nos émotions, nous allons voir le coucher de soleil, notre nouvelle passion, sur la plage la plus proche, qui est Khu Khak beach. Et après en avoir pris plein les yeux et sauté dans les vagues, on a trouvé un petit restaurant super sympa près du marché de Bang Niang, qui était malheureusement fermé ce soir-là.





J16 : une journée sous le signe de la nature
Sea Turtle Conservation Center
On commence cette journée, en allant sur la base militaire de Khao Lak, puisqu’elle abrite un centre de conservation des tortues de mer. Ils accueillent les tortues blessées ou prises dans des filets, les soignent et les relâchent. Ils s’occupent aussi des petites tortues qui naissent sur le site. Ils les relâchent, une fois qu’elles sont assez matures pour survivre dans leur milieu naturel. Le prix de l’entrée est dérisoire (100 baths par adulte soit environ 2,50 €) et c’est une visite très intéressante pour les petits et les grands. Ils ont des bassins avec des tortues d’âges différents : allant de la naissance jusqu’à des tortues adultes en convalescence. On peut les observer manger, nager, se balader sur les berges artificielles. Il y a aussi quelques explications sur des panneaux informatifs, sur la conduite à adopter pour protéger les tortues. Cette visite a été un gros succès pour les petits comme pour les grands.



Lam Ru waterfall
Après avoir passé un moment avec les tortues, on reprend la voiture et on fait un peu de route pour aller découvrir une cascade, qui ne semble pas très connue. En effet, en arrivant, elle n’est pas très bien indiquée, il n’y a pas le moindre véhicule garé, pas de supérette (oups on n’a pas de pique-nique). On se gare, on met notre mini n°3 sur notre dos et on commence à s’enfoncer dans la jungle, pas longtemps, mais assez pour être totalement en dehors de toutes les couvertures réseau. Après une petite balade, pas difficile mais éprouvante à cause de l’heure (11h), de la chaleur, et du manque d’ombre, on atteint plusieurs paliers de la cascade dans lesquels il est possible de se baigner en sécurité. On choisit le plus haut car il est plus ombragé. Et le décor est au-delà de nos espérances. C’est beau, c’est sauvage, c’est nature, et nous sommes seuls. On croise plein de petites bêtes (araignées, petits poissons, gros lézards…) et des bananiers sauvages avec leurs régimes de bananes encore sur l’arbre. On se baigne une petite heure, et comme l’heure du déjeuner est dépassée depuis un moment, on quitte notre petit paradis à la recherche d’un encas pour rassasier les troupes.




Pakarang Cape
En fin de journée, comme à notre habitude, nous choisissons une nouvelle plage pour nous promener, nous baigner et admirer le coucher du soleil. Ce soir, nous avons donc choisi Pakarang Cape, réputée pour ses coraux blancs et son spot de surf. A cette période, le soir c’est marée basse. Donc pour nous, le programme sera : marcher jusqu’à la mer (et il y a de la distance), chercher de beaux coquillages, chercher des petits animaux dans les rochers (bernard l’hermite, crabes, concombres de mer…). Nous avons beaucoup aimé cet endroit, encore une fois nous étions seuls face à l’immensité de la plage et de la mer. Le coucher du soleil, était parfait. Le moment l’était tout autant.





Roumjai Market
On termine notre journée au Roumjai market, moins connu que son voisin le Bang Niang market. Mais il était très local, bien fourni et authentique. On achète nos victuailles, que l’on mangera dans notre logement, complétées de crudités et de fruits frais.





J17 : dernière journée à Khao Lak
Sai Rung waterfall
Le succès de la cascade de la veille, nous a donné envie d’aller en voir une deuxième ! Celle-ci est un peu plus aménagée que la précédente. Il y a un peu plus de monde, mais le lieu n’est pas non plus pris d’assaut. Hormis nous 5, il y a environ une dizaine de personnes sur le site. Et pour cause, cette cascade est beaucoup moins loin et plus accessible que l’autre. On ne se baignera pas complètement, mais on trempera un peu les pieds. Les enfants donnent à manger aux poissons. Une dame au parking leur a donné un sachet pour nourrir les poissons. Elle avait deux animaux assez gros et non identifiés dans une grosse glacière. Entre le varan et la tortue. Je n’avais jamais vu une bête pareille, et comme la fameuse dame ne parlait pas anglais le mystère restera entier. Le lieu est beau et calme, nous profitons un moment sur place, moi je lis avec le son de l’eau qui coule en bruit de fond et les enfants jouent dans les rochers. Nico reste à côté de la mini n°3 pour qu’elle puisse jouer avec ses frères sans risquer de finir à l’eau. On a encore passé un super moment.





La surprise du trajet : les éléphants
En voiture, sur le trajet du retour, nous avons l’énorme surprise de croiser… des éléphants ! Et de vraiment très près de surcroît puisque l’un d’eux a traversé la route en frôlant notre voiture (oui on a eu un peu peur pour notre caution). Les enfants étaient ébahis et tellement contents à la fois. La journée a pris une autre dimension après cette rencontre fortuite. Ce n’étaient bien sûr pas des éléphants sauvages, il y avait un sanctuaire à proximité. Et les éléphants étaient accompagnés de leur mahout. Malgré les supplications de nos 3 petits gnomes pour aller au sanctuaire, nous n’iront pas, pas à celui-ci en tout cas. Nous tentons de leur expliquer un peu l’importance de bien choisir les lieux qui abritent des animaux. La question du choix du sanctuaire sera l’objet d’un article à part entière, un peu plus tard dans le voyage. Nous avons prévu d’en visiter un, que nous savons éthique, lors de notre retour en Thaïlande (dans le nord), à la fin de voyage. Il leur faudra patienter encore un peu pour rencontrer de plus près ces géants de la jungle.

Plage Nang Thong beach
Après notre traditionnel temps calme au frais à l’appartement dans l’après-midi, on sort pour notre traditionnelle baignade au coucher du soleil. Nico avait repéré une plage qui avait l’air incroyable. On s’y rend mais elle est située au sein d’un parc national. Et dont les horaires d’ouverture sont 8h30-16h30. Or, il est déjà 17h15. On est déçus, le lieu avait l’air vraiment sympa. On se rabat sur une autre plage, un peu plus loin. On se baigne, on joue dans le sable, et on admire l’horizon aux mille couleurs.


Bang Niang market
Ce soir, le fameux marché de Bang Niang Market est ouvert. On flâne dans les ruelles, on découvre les stands d’artisan, de souvenirs, de plantes, de nourriture…Il est très animé. On s’arrête pour manger à un stand et une petite fille thaï de 15 mois (la fille de la dame qui cuisine) a passé une partie de la soirée avec nous, à essayer de communiquer avec notre miss bouclettes !

J18 : on quitte Khao Lak des souvenirs plein la tête
Le musée du tsunami
C’est l’heure du départ. On dit aurevoir à notre hôte et on prend la route vers le nord. Khao Lak n’est pas une ville à proprement parler, mais un regroupement de petits villages. On a beaucoup aimé son côté calme et familial. Touristique sans trop l’être. Le lieu est encore très marqué par le passage du tsunami en 2004. Des bâtiments sont en friches, il y a plusieurs mémoriaux tout le long de la côte. On a expliqué aux enfants avec des mots adaptés ce qui s’était passé. Notre mini n°1, toujours très curieux de l’histoire et du fonctionnement des choses, voulait absolument visiter le musée du tsunami à l’extrême nord de Khao Lak, et c’était sur notre route en direction de Khao Sok. On s’y est donc arrêté sur le trajet. On on ne regrette absolument pas. L’entrée est gratuite. La visite était très intéressante et adaptée à un jeune public. Elle commence par un petit film de quelques minutes sur un jeune homme qui part à la recherche de l’homme qui l’a sauvé pendant le tsunami de 2004, alors qu’il n’avait que 4 ans et qu’il était en vacances avec sa famille. C’est émouvant et ça tonne le ton. Il y a des objets récoltés dans les décombres, une manivelle qui simule le mouvement du plancher océanique et qui crée une grosse vague. Il y a aussi des photos des sinistrés, des décombres. Et quelques vidéos réelles du tsunami. On est monté sur le toit, soit à 7m de hauteur ; la taille de la vague qui a touché les côtes thaïlandaises. Les agents du musée étaient ravis d’avoir des enfants comme petit public, ils sont encore très touchés par cette triste période mais aiment aussi partager leur histoire. Nos 3 petites têtes ont donc été pris en photo pour alimenter leurs réseaux sociaux, avec notre accord.



Cette fois, on quitte vraiment Khao Lak qui a été un coup de cœur pour toute la famille. On sait que la liberté de nos déplacements en voiture joue aussi beaucoup dans l’équation. On se dirige vers Khao Sok, mais pour la première fois, nous n’avons pas trouvé d’hébergement en avance. On compte en chercher un sur place. Ou pas ! On vous raconte la suite de nos aventures et nos derniers jours dans le sud de la Thaïlande dans quelques jours !





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