Nous avions prévu initialement 5 jours dans la capitale du Cambodge. Comme nous avons dû prolonger notre séjour à Battambang pour raisons de santé, nous avons fait le choix d’écourter celui de Phnom Penh, au lieu de décaler les réservations suivantes. Nous avions prévu de visiter plusieurs marchés, une école franco-cambodgienne, l’île de la soie, des lieux historiques comme la prison S21. Mais nous avons dû faire des choix. C’est le prétexte pour devoir revenir !
J46 : installation
Notre taxi nous laisse donc en bas de notre hôtel en début d’après-midi. Le bâtiment est imposant et semble assez luxueux, selon nos critères, qui ne sont pas très exigeants. En tout cas, ça nous change de nos chambres d’hôtel minimalistes habituelles. L’appartement est spacieux, nous avons deux grands lits doubles, une cuisine toute équipée, un salon, la clim, deux piscines… Exceptionnellement, nous avons choisi un logement très confortable, pour continuer notre convalescence dans les meilleures conditions possibles.

Nous voulons mettre toutes les chances de notre côté pour pouvoir poursuivre notre voyage et remonter le moral des troupes. L’appartement est tellement bien, que personne ne souhaite sortir l’après-midi. Nous nous installons donc tranquillement, et les enfants profitent de l’espace pour sortir leurs jouets.

Après avoir passé un moment à la piscine en fin d’après-midi, nous décidons d’aller remplir le frigo de produits frais. Nous n’avons qu’une envie, après nos déboires digestifs, de cuisiner et de manger des aliments sains, frais, faits maison et français (optionnellement).

Nous voilà donc partis à pied, au supermarché au bout de la rue. Nous avions presque oublié, le parcours du combattant pour les piétons en ville. Même, s’il n’y a que quelques centaines de mètres, le retour se fera en tuk-tuk. Les déplacements à pied sont vraiment trop dangereux. A ce propos, quasiment aucun cambodgien ne se déplace à pied. Jamais. Ils sont toujours en tuk-tuk, scooter et éventuellement voiture. La cause ou la conséquence du trafic ? Les bras chargés de produits frais, tout sauf locaux, nous profitons de la soirée avec un bon repas, un film en famille, avant d’aller nous coucher face au fleuve éclairé par la vie nocturne de la capitale cambodgienne.

J47 : école PSE
Nous avions réservé depuis un moment, la visite de l’école franco-cambodgienne Pour un Sourire d’Enfant (PSE). C’est une école créée par un couple de français en 1995, pour scolariser les enfants les plus défavorisés de la capitale, qui travaillaient dans des conditions misérables dans une décharge.

A cette époque, le Cambodge sortait de 25 années de guerre, les familles ont été disséminées, les enfants n’étaient plus scolarisés (les écoles ont été détruites et les professeurs tués). Pour aider leur famille à survivre, les enfants travaillaient toute la journée. C’est toujours le cas, dans certains quartiers. D’années en années, l’école s’est développée et aujourd’hui ils aident plus de 7000 enfants à Phnom Penh. L’accès à l’éducation et le milieu de l’enfance étant des causes qui me tiennent à cœur, nous avons visité cette école, les salles de classe, les différents espaces (terrains de sport, cantine, bureaux, internat, cabinet médical…).

La visite était en français, et on nous a bien expliqué l’évolution de l’école depuis sa création, les relations avec les familles, les conditions de vie des enfants (oui j’ai presque versé ma petite larme !). C’était très intéressant, tout le monde a beaucoup aimé.

Ensuite, nous pouvions, si nous le souhaitions, manger dans leur restaurant d’application. La cuisine était excellente, le service (fait par les étudiants en hôtellerie-restauration) était digne d’un restaurant 5 étoiles. En fait nous n’en savons rien, puisque nous n’avons jamais mangé dans un restaurant 5 étoiles, mais les apprentis serveurs étaient aux petits soins pour nous, et il y avait beaucoup (trop) de couverts pour une seule table ! Nous avons été étonnés de constater à quel point, tout était classe pour un restaurant d’application.
Après ce moment convivial, nous avons décidé de nous rendre dans leur espace beauté. De la même façon que pour le restaurant, nous pouvions nous faire coiffer, couper les cheveux, manucure, pédicure, par les élèves en formation… pour une somme dérisoire. En acceptant bien sûr, les risques de confier sa tête à des jeunes filles qui sont en train d’apprendre leur métier. Etant donné la qualité des prestations au restaurant, nous y sommes allés confiants. Nous avons passé un moment de partage et d’échanges vraiment exceptionnel. Nous avons bien discuté, bien rigolé. Nous avions demandé seulement une coupe pour Nico et notre grand, puisque ce sont ceux qui avaient les cheveux les plus longs. Elles ont insisté pour me faire un shampoing et une pédicure gratuitement. Je n’ai pas les mots pour décrire les 40 minutes de massage de la tête, sur leur fauteuil ultra confortable et en position allongée qui plus est. C’était un moment hors du temps, plus que bienvenu ! Ensuite, je passe dans l’espace pédicure. Notre mini puce veut la même chose ! Elles ont joué à la poupée avec elle pendant presque 1h, et elle a adoré ! Nous rejoignons les trois garçons dans la salle adjacente, détendues et les ongles colorés (rouge vif pour elle… c’est elle qui a choisi, et à mon grand désespoir, elle adore !!!). Nico a eu la coupe qu’il voulait, bien qu’encore un peu trop long. Il aurait préféré plus court, pour que ça tienne plus longtemps mais la coupe est réussie. Par contre, mon pauvre loulou… je n’ose pas lui dire à quel point sa coupe est ratée ! En général, même coupés, il garde ses cheveux un peu longs. Mais là, j’ai du mal à le reconnaître : il a l’arrière de la tête rasée court, et le dessus super long. La démarcation est flagrante, puis ce n’est pas régulier. Vous connaissez les Peaky Blinders ? Ben voilà. Le soir j’ai rattrapé le coup avec les ciseaux du couteau suisse. On se débrouille avec les moyens du bord ! Ce n’est pas parfait et ce qui est rasé n’est pas rattrapable, mais au moins la démarcation entre le haut du crâne et l’arrière rasé est plus dégradée, moins franche, moins visible. Les cheveux repoussent vite, alors après coup, on a bien rigolé ! Notre petit Tommy Shelby est content, et c’est bien le principal !
J48 : marché russe, centre commercial AEON mall
Ce jour-là, nous voulions visiter la prison S21 (un ancien lycée, transformé en prison pendant la guerre). Mais après avoir lu quelques témoignages, nous avons changé nos plans. Nous avions la crainte que ce soit trop dur pour les enfants, car les salles de torture et les images sont brutes et explicites.
Nous décidons alors, d’aller nous promener dans le marché russe, assez populaire à Phnom Penh et plutôt étendu. Nous avons beaucoup aimé, d’une part car les allées sont larges, il n’était pas trop fréquenté. Les produits alimentaires étaient à des prix très raisonnables, ce que nous n’avons pas vu souvent depuis que nous sommes au Cambodge. On y trouve de tout : des fruits et légumes frais, des fruits séchés et fruits à coques, de la viande, du poisson, des vêtements, des bijoux, des appareils électroniques, des souvenirs, des pièces détachées… Nous passons un très bon moment, par contre nous n’avons pas compris pourquoi il s’appelle le marché russe. Aucun commerçant n’était russe, et les articles vendus n’avaient pas de connotation russe non plus. Peut-être un ancien quartier russe.
Ensuite, nous allons dans un centre commercial, le premier que nous croisons depuis 3 semaines que nous sommes au Cambodge. Nous sommes étonnés d’y trouver toutes les boutiques et enseignes que nous connaissons (H&M, Zara, L’Occitane, Décathlon…) ainsi qu’un hypermarché. Nous achetons ce qui nous manque, car c’est notre dernier jour dans la capitale, et nous savons d’expérience que la plupart des articles dont nous avons besoin, nous ne les trouverons plus ailleurs, notamment les produits alimentaires exportés.
J49 : départ de la capitale en train
Le séjour à Phnom Penh a été plutôt court, il est déjà temps de plier bagage. Ce matin, nous prenons le train aux aurores, direction le sud du pays. Le train est pour le moins atypique, puisque pour notre destination (Kep – Kampot), il ne comporte qu’une seule locomotive !

On a l’impression d’être dans un car sur des rails, avec des commandes à l’avant et à l’arrière. En revanche, nous sommes agréablement surpris sur le confort. Les sièges sont espacés, confortables et il y a un agent à bord, en plus du conducteur. Rien à voir avec les conditions spartiates du train thaïlandais. En revanche, ils avaient mis la clim à fond. Nous avons dû sortir nos polaires et nos duvets de nos sacs, impossible de tenir 4h dans ces conditions.

Le réseau ferroviaire est récent au Cambodge et peu développé. Les passages à niveaux ne sont pas sécurisés, il y a souvent des accidents. Le train roule lentement et s’arrête souvent, à tel point qu’on met plus de temps en train qu’en voiture pour le même trajet. Sur la plupart du parcours, il n’y a qu’une seule voie. Donc quand deux trains doivent se croiser, il n’est pas rare que l’un d’eux doivent reculer un bon moment (jusqu’à atteindre une double voie) ou rester à l’arrêt plusieurs dizaines de minutes. Mais dans l’ensemble, notre expérience du train cambodgien était plutôt positive !






Laisser un commentaire