Nous en sommes à 2,5 mois de voyage. Nous avions prévu de visiter l’Asie environ 4 ou 5 mois donc nous sommes à peu près à la moitié du voyage. Si les premières semaines ont été intenses, un peu désorganisées, et que l’acclimatation a pris un peu plus de temps que nous le pensions, aujourd’hui nous avons trouvé notre rythme de croisière. Nous réservons nos trajets et logements quelques jours avant, nous arrivons à mieux cibler les endroits où manger pour avoir un certain équilibre et ne pas tomber malades, nous calons nos sorties sur le rythme de repos des enfants et sur les horaires les moins chaudes de la journée, nous alternons entre chambre d’hôtel minimaliste et appartement avec cuisine… Et les trajets, bien que longs et nombreux, se passent beaucoup mieux, chacun arrive à s’occuper et le temps passe rapidement.
Ce que le voyage nous apporte au quotidien
Les liens familiaux
Nous aimons par-dessus tout, passer du temps tous les cinq. Que l’on soit dans un musée, sur une île, dans un train ou juste à l’hôtel, nous mesurons la chance qu’on a de pouvoir nous créer ces souvenirs en commun. On ne va pas mentir, par moment chacun a besoin d’un moment pour lui, et dans ce cas nous le prenons à tour de rôle, le temps d’une balade ou de quelques longueurs de piscine. C’est important pour l’équilibre de chacun. Les moments de partage et d’émotions que nous vivons chaque jour sont décuplés au bout du monde, et renforcent nos liens familiaux et surtout ceux de la fratrie. Ils n’ont jamais été aussi proches les uns des autres. Bien sûr qu’ils se chamaillent, mais surtout ils se soutiennent les uns les autres, partagent des fous rires, marchent bras-dessus bras-dessous, et sont plus complices que jamais. Il n’y a rien de plus beau que de voir se développer cette relation entre eux.
Ecole de la vie
Nous apprenons beaucoup sur le mode de vie des habitants de chaque pays. Les enfants découvrent une façon de vivre très différente de ce qu’ils connaissent en France. Ils découvrent une nouvelle façon de s’alimenter, de s’habiller, de parler, de se déplacer, et un rapport aux autres inhabituel. Ils apprennent que leur normalité n’est pas universelle et à leur âge leur esprit est malléable et s’ouvre facilement aux autres cultures sans préjugés. Ils développent leur sociabilité et leur confiance en eux. Ils apprennent à s’adapter à des situations nouvelles tous les jours, et à élargir petit à petit leur zone de confort. Et c’est valable pour nous les adultes également.
Outre ces compétences personnelles et sociales, nous apprenons également beaucoup sur l’histoire, la culture locale, la culture générale, les savoir-faire artisanaux, les langues étrangères… De la plus jeune au plus grand, ils ont acquis un vocabulaire en anglais assez riche en peu de temps. Ainsi que quelques mots dans les langues locales. Au-delà de ce que la maîtrise de l’anglais apporte dans la vie, car sans pratiquer ils oublieront certainement ce vocabulaire dans les mois qui suivront notre retour, ils ont compris la nécessité et l’importance, ainsi que les possibilités qui s’ouvrent à eux en apprenant des langues étrangères. Et aujourd’hui, les deux grands souhaitent continuer à apprendre l’anglais de leur propre initiative.
Gastronomie
Petits et grands, nous découvrons dans chaque pays de nouvelles saveurs, de nouveaux plats, de nouveaux fruits, de nouvelles boissons… Nous redécouvrons des fruits que nous pensions connaître, mais qui ont un goût très différent lorsqu’on les déguste mûrs à point, locaux et fraîchement récoltés. Ce n’est pas toujours évident de faire goûter aux enfants des aliments nouveaux, mais au fur et à mesure des semaines, nous nous améliorons ! Le point fort de la nourriture en Asie, reste pour nous les fruits. Sur les marchés, ils coûtent une misère, sont frais, locaux, de saison et très savoureux. Nous en mangeons quasiment à tous les repas (et plusieurs !!) c’est la base de notre alimentation ici ! Bananes, pastèques, fruits du dragon, ananas, noix de coco, fruits de la passion, ramboutans, longanes, mangues, mangoustans, goyaves, papayes…
Hygiène de vie
Contrairement à ce que j’aurais pensé avant notre départ ou les premières semaines de notre voyage, il est plus facile d’avoir un mode de vie sain en voyage qu’à domicile. Nous sommes en mouvement tous les jours, à travers les excursions, les centaines de marches à monter dans les temples ou les séances de piscine. Il est vrai qu’une vraie séance de sport bien physique manque un peu de temps en temps, mais nous restons tout de même bien actifs. Les écrans ont peu de place dans notre quotidien. Nous regardons de temps en temps un film ou une émission le soir mais cela reste une exception. Moi, je suis devenue complètement dépendante de ma liseuse (même si la sensation de tourner les pages d’un livre me manque). J’en suis à mon dixième livre depuis notre départ. Les longs trajets aident je le reconnais. Je ne ressens absolument plus le besoin de regarder la télé. Et c’est une ancienne accroc à Netflix qui parle ! Le sommeil s’en trouve par conséquent de bonne qualité. Le soleil se couche tôt en Asie (vers 18h30) donc nos soirées ne s’éternisent pas. Et nous nous levons naturellement plus tôt également. C’est un rythme qui s’est mis en place spontanément. Quant à l’équilibre alimentaire, il a été difficile à trouver au début. Mais aujourd’hui on peut aisément dire que nous avons pris nos marques et nos habitudes. Nous avons toujours sur nous des crudités achetées au marché pour compléter nos repas, quand nous ne trouvons pas de légumes cuisinés. Nous arrivons à varier entre cuisine locale, cuisine occidentale, et les repas qu’on cuisine nous-même lorsque notre logement est équipé en conséquence. Ajouté à cela, une quantité de fruits indécente engloutie chaque jour. Les enfants ne mangent quasiment pas de sucreries, car ici les gâteaux sont tous très industriels (avec des fourrages crémeux à l’œuf ou au durian que les locaux adorent mais c’est une texture à laquelle on n’est vraiment pas habités !) ou importés et très chers. Comme nous nous déplaçons souvent, nous n’avons pas beaucoup de réserves sur nous. Ce qui limite les achats et donc la consommation. Leurs collations sont surtout à base de fruits frais, fruits séchés, noix de cajou, pain de mie…
Minimalisme
Nous voyageons, certes chargés, mais avec finalement peu d’affaires si on rapporte le ratio au nombre de personnes dans la famille et au nombre de semaines qu’on voyage. En étant dépouillés du superflu, nous nous rendons compte que nous n’avons vraiment pas besoin de grand-chose pour vivre. D’ailleurs, on réalise que nous avons beaucoup trop dans nos sacs. Être minimaliste limite les dépenses impulsives, apprend à prendre soin de ses affaires, à se contenter de l’essentiel, et à avoir plus de temps pour profiter de la vie. Nous savons qu’en rentrant en France, nous avons envie de faire du vide dans notre environnement, afin de nous sentir plus libre, et plus alignés avec nos valeurs.
Slow life
Ce mode de vie au ralenti et en accord avec notre rythme nous fait beaucoup de bien. Nous n’avons pas eu souvent l’occasion de vivre sans contraintes horaires, ou du moins seulement les contraintes que nous avons nous-mêmes décidées. On se lève quand on n’a plus sommeil, on prévoit les activités qui nous intéressent, on se repose quand on est fatigués et on mange quand on a faim. On reste longtemps dans une ville quand nous avons besoin de nous poser, ou au contraire nous faisons des sauts de puces lorsque nous avons envie de visiter des lieux différents. Pour la première fois, nous avons du temps et nous ne nous sentons pas obligés de programmer un planning ultra chargé pour « optimiser » le voyage. Nous ne sommes pas habitués à vivre ainsi, donc nous avons mis un peu de temps à accepter les temps où ne nous faisons « rien », à savoir ceux où on ne visite pas. Mais aujourd’hui, je me dis que c’est le retour à la vie réelle rythmé par les obligations et les rendez-vous qui va être difficile à récupérer !
Petits plaisirs du quotidien
Et enfin, nous n’oublions pas tous les petits détails, qui, cumulés, pèsent dans la balance des choses qui nous font du bien pendant ce voyage, et dont on abuse car nous ne les aurons plus une fois rentrés en France. Nous pensons notamment aux baignades quasi quotidiennes, dans la mer ou la piscine, dans une eau dépassant les 30°. Nous n’en ressortons pas vraiment rafraîchis, mais quelle agréable sensation de rentrer dans une eau chaude comme ça ! Et les fruits… j’en ai parlé plusieurs fois donc vous avez bien compris que c’était notre passion, on ne se lasse pas des plateaux de fruits exotiques locaux fraîchement coupés. A tous les repas. Mon péché mignon est le lait de coco directement dans le fruit bien frais avec une paille, puis gratter la noix de coco fraîche à l’intérieur avec la cuillère.
Et enfin, en voyage, pas de routine, chaque journée est différente ! Nous ne nous lassons pas de découvrir des nouveaux endroits, d’essayer de nouvelles activités, de vivre de nouvelles expériences, de rencontrer de nouvelles personnes, d’admirer des paysages différents chaque jour…
L’envers du décor
Voilà, j’espère qu’on vous a bien fait rêver. Voyager c’est merveilleux. C’est vrai, on l’a toujours pensé et on le pense d’autant plus avec cette expérience, pour toutes les raisons qu’on vient d’expliquer. Mais, car il y a un mais ! Tout n’est pas toujours aussi facile qu’un court texte qui résume 24h de notre journée peut le laisser penser. Surtout en famille, avec de très jeunes enfants. La logistique peut devenir très lourde et il faut sans cesse s’adapter aux besoins et aux caractères de chacun. Nous voyageons à cinq, donc nous prenons indifféremment en compte les cinq personnes de la famille, quel que soit son âge ou sa position.
La logistique des bagages
Le port des bagages pendant les transferts d’une ville à l’autre relève à lui seul d’une épreuve de concentration, de force et d’endurance. Nos sacs à dos étaient très lourds, donc nous avons opté en cours de route pour une valise à roulettes supplémentaire. C’est un bagage de plus à transporter, mais nous mettons le matériel le plus lourd à l’intérieur, ce qui soulage largement nos lombaires. D’une manière générale, on se déplace avec 7 bagages : 2 grands sacs-à-dos, 1 valise à roulettes, 2 petits sacs-à-dos, 1 poussette, 1 sac de nourriture. Sans oublier le plus important, les 3 enfants à surveiller à chaque instant. Parfois, nous renonçons à faire une étape supplémentaire juste à cause de la logistique des bagages. A refaire, nous prendrions moins d’affaires, moins de « au cas où » qui constituent presque un sac entier (grosse pharmacie, quelques produits d’hygiène, trois matelas de trek, la moustiquaire…). C’est notre premier long voyage, donc niveau matériel nous serons plus en accord la prochaine fois avec nos besoins réels.
Même lorsque nous faisons des visites sur la journée ou la matinée, nous sommes chargés : au minimum 5 casquettes, 5 paires de lunettes, crème solaire, anti-moustiques, sac de changes de notre 2 ans, petite pharmacie, de l’eau pour 5, la poussette et/ou le porte bébé… Quelle que soit la sortie, nous avons toujours un sac ou deux sur le dos, ainsi que la poussette et/ ou le porte bébé, comme nos photos en témoignent.
Manque de confort
Même si nous ne sommes pas les personnes les plus « amatrices de luxe » qui existent, le manque de confort joue parfois sur le moral des troupes. Voilà deux mois et demi que nous prenons des douches froides ou à peine tièdes. Pour cette raison, les enfants boudent le moment de la douche, mais avec les baignades et la chaleur on ne peut pas vraiment faire l’impasse. En général, c’est un moment de la journée bien « animé » et redouté des parents. Deux mois et demi, que nous partageons selon les hébergements entre 1 et 2 lits doubles pour 5, et que chaque soir c’est la bataille pour savoir qui dort où et avec qui. Nous avons nos matelas de trek pour les couchages manquants. Plusieurs semaines que nos vêtements ne retrouvent plus leurs couleurs d’origine (merci les routes orange du Cambodge et la crème solaire). Nous avons la sensation d’être sales, même quand on est propres. Voilà plusieurs semaines également que mes cheveux ressemblent à tout sauf à des cheveux à cause du soleil, la mer et les produits des piscines. Je commence déjà à me préparer mentalement à l’inévitable pour notre retour en France, à savoir les couper court. Je les ai toujours eu longs, donc le processus d’acceptation suit son cours…
Au niveau des hôtels, nous visons du bas de gamme un peu amélioré (chambres minimalistes, mais avec si possible minifrigo et clim, de temps en temps une piscine). Quand nous tombons sur une offre intéressante, nous prenons un petit appartement pour avoir la cuisine. Donc forcément, nous avons souvent eu des surprises ! La clim qui ne marche pas, la pièce principale sans fenêtre (deux fois !!), la piscine payante ou carrément fermée, petit déjeuner inclus mais finalement non, le petit déjeuner inclus avec juste un bol de riz blanc, restauration sur place mais pas de 12h à 13h ni après 18h, le frigo qui ne marche pas (et on s’en rend compte après avoir acheté des produits frais, sinon c’est pas drôle), pas d’eau courante dans une chambre d’hôte remplacée cuve d’eau et sa bassine, les petits colocataires à 6 pattes répondant au nom de blattes et fourmis on ne les compte même plus, ni les lézards avec leurs cris mélodieux en pleine nuit, l’espace entre les lits tellement étroit qu’on ne peut pas se croiser, quant à la propreté il ne vaut mieux pas être trop regardant. Evidemment, dans le lot nous sommes aussi tombés sur des endroits exceptionnels. C’est la loterie à chaque fois !
Le fait de filtrer l’eau demande aussi une bonne dose de temps et d’énergie chaque soir (ou presque). A nous cinq nous consommons, pas loin de 7-8 litres d’eau par jour. Encore plus lorsque nous cuisinons. Nous filtrons l’eau du robinet la plupart du temps, parfois nous achetons des bouteilles en plastique, et le grand luxe c’est quand l’hôtel fournit une bombonne d’eau. Ça nous enlève une sacrée épine du pied. Le fait de boire de l’eau chaude n’aide pas non plus à rester bien hydratés. Nous avons l’habitude de boire l’eau bien fraîche. Entre les logements qui ne sont pas équipés de frigo, et ceux qui l’ont mais tout petit. Dans tous les cas, au bout d’une heure en extérieur sous 45°, la gourde est vite réchauffée.
La nourriture
Les enfants ne peuvent plus voir des « noodle soup » ou du « fried rice and chicken » même en photo. Si toute la famille a beaucoup aimé la période de découverte culinaire, notamment les premières semaines en Thaïlande, aujourd’hui la cuisine française et méditerranéenne manque à tous. Nous peinons à les faire manger local et nous-même, après plus de dix semaines en Asie, nous le faisons plus pour des raisons économiques que par réel plaisir. Au départ, on voulait une immersion culinaire totale ou quasi, et cette fois-ci on reconnaît qu’on a botté en touche ! On cuisine nous-même dès qu’on le peut, des produits locaux mais « à la française ». Dans les restaurants de cuisine locale, les enfants commandent des plats simples qu’ils connaissent et nous, on arrive encore à découvrir et à apprécier les spécialités locales, du moment que ce n’est pas tous les jours ! De temps en temps, pour faire plaisir aux trois minis, on leur accorde un restaurant français ou au minimum occidental, et nous sommes les meilleurs parents du monde ! Tous les jours sans exception, ils me disent ce qu’ils veulent manger pour notre retour en France. Je vais passer quelques heures en cuisine je sens ! Entre les lasagnes, les pâtes à la crème, les raviolis, les sandwichs au fromage, le flan aux œufs avec la recette de Manou, la tarte de tomates, les cookies aux pépites de chocolat, les crêpes, la quiche, même de la soupe ils me réclament… La liste s’allonge de jours en jours !
La logistique des bagages, le manque de confort et la nourriture sont des détails. Ils relèvent davantage des « anecdotes » que de vrais désagréments. Parfois ils nous pèsent, parfois on en rigole, mais ils n’altèrent pas le quotidien au point de remettre en cause le voyage. Les points suivants en revanche, occupent une place de plus en plus importante, au fil des semaines, sur l’échelle de nos difficultés.
Le trafic routier
Nous savions avant de partir, qu’en Asie, les règles sur les routes et la voie publique étaient différentes. Mais nous avions sûrement sous-estimé l’ampleur du phénomène. Dans les pays que nous avons visités à ce jour (Thaïlande, Cambodge, Vietnam), on rencontre très peu de piétons. Rien n’est pensé pour la circulation à pied. Les piétons sont vraiment vulnérables. Si au début, encore frais, en forme et optimistes, nous avons su nous accommoder des routes infranchissables, des coups de klaxon à tout va, des scooters sur les trottoirs, des taxis sans ceinture, des scooters dans les allées du marché, des véhicules qui roulent à contresens, de ceux qui frôlent les piétons à une vitesse indécente… aujourd’hui c’est vraiment une situation que nous vivons de plus en plus mal. Notre histoire, notre accident frais d’à peine 2 ans influence forcément notre jugement. Nous en arrivons à planifier nos sorties en fonction de l’itinéraire qu’on devra emprunter à pied pour y accéder. Nous en arrivons, dans certains quartiers, à commander un taxi pour aller à la supérette à 500m. Nous en arrivons à renoncer à sortir le soir car c’est le moment où le trafic est le plus dense. Nous en arrivons à ne choisir que des hôtels éloignés du centre-ville. Evoluer à pied seul en tant qu’adulte, ou avec deux enfants en bas âge et un bébé en poussette n’impliquent pas les mêmes contraintes. Les déplacements à pied deviennent une source d’angoisse et de tensions pour toute la famille. On tient fermement par la main les deux garçons sans pouvoir les lâcher une seconde, quand ils se laissent un peu distraire par leur environnement (forcément, ce sont juste des enfants de 5 et 7 ans) et qu’ils font des écarts de trajectoire ou qu’ils oublient de regarder avant de s’engager dans une ruelle, nous leur crions (involontairement et instinctivement) dessus. Ils le vivent mal, et nous le vivons mal également. Mais c’est la peur qui parle. Et le trauma que nous avons vécu qui lui répond. La conséquence est que nous nous déplaçons beaucoup en taxi, mais ce n’est pas vraiment nous. Ce n’est pas la manière dont nous aimons voyager. Nous aimons découvrir un pays à pied ou en vélo, en nous perdant dans les ruelles, en tombant par hasard sur des lieux inattendus, en ne planifiant pas nos moindre faits et gestes.
La chaleur
Nous sommes tombés sur une année caniculaire en Asie du sud-est, dont les températures sont déjà normalement élevées à cette période. On ne pouvait pas le prévoir, on n’a juste pas eu de chance. Nous avions pensé notre itinéraire de façon à éviter la saison des pluies, mais en bons novices du voyage au long cours, nous n’avons pas envisagé qu’il fallait aussi prendre en compte la vague de chaleur, que nous suivons comme son ombre. Les locaux eux-mêmes reconnaissent avoir rarement vécu des chaleurs aussi extrêmes. Depuis notre arrivée sur le continent asiatique, nous n’avons pas eu une seule journée en dessous d’une température ressentie de 40°c. Et encore, 40°c on a fini par s’y habituer (enfin pas tous, j’y reviens). Nous avons très souvent des températures ressenties entre 43 et 45°c. Ces derniers-jours, dans le centre du Vietnam, et alors que nous pensions qu’en avançant vers la saison des pluies, les températures finiraient par redescendre, nous atteignons des 48-49°c. Les autorités de plusieurs grandes villes d’Asie du sud-est ont même appelé les habitants à rester chez eux en journée. Si quatre membres de la famille sur cinq, se sont plus ou moins acclimatés, au moins pour faire des sorties le matin, ce n’est pas le cas d’un des garçons. Depuis le début du voyage, il a beaucoup de mal à supporter la chaleur. Les sorties, même les plus ludiques, sont devenues un supplice pour lui. Dès que nous avons mis un pied dehors, il n’aspire qu’à rentrer se mettre au frais ou aller se baigner. Nous pensions qu’au fil des semaines il arriverait à surmonter les conditions climatiques et que son petit corps à demi breton allait s’habituer, mais ce n’est pas le cas. C’est son métabolisme, on n’y peut rien. Il nous suit, ne se plaint pas, mais on voit qu’il ne prend plus aucun plaisir.
Depuis 2,5 mois, nous avons concentré toutes nos visites et activités sur les matinées. Les après-midis étant trop chaudes pour envisager d’être en extérieur avec trois enfants. Mais nous avions accepté cette contrainte, en pensant que nous irions vers le mieux. Qu’au fil des semaines, nous pourrions allonger nos journées. Or ce n’est pas le cas, et c’est loin de l’être.
A ce jour, nous n’avons absolument pas envie d’arrêter de voyager. Cette aventure en famille, c’est le soleil après la tempête, la lumière au bout du tunnel. Nous sommes partis à 5×1 et nous reviendrons à 1×5. Nous sommes en train de retrouver l’unité familiale que nous avions laissée au bord d’une route dans un célèbre village du Vaucluse, il y a deux ans. Cependant, nous voulons voyager d’une manière qui nous correspond. Et qui correspond à chacun des membres de cette famille. Nous voulons profiter intensément de tous les instants de notre voyage. Et que tout le monde y prenne du plaisir. Donc nous nous posons mille questions depuis quelques jours. Est-ce qu’on continue l’itinéraire que nous avions prévu (nord Vietnam, nord Laos, nord Thaïlande) en espérant que les conditions climatiques et routières s’améliorent ? Ne va-t-on pas regretter d’avoir fait l’impasse, sur ce que nous considérions comme la plus belle région de notre itinérance ? Est-ce qu’on continue en Asie, mais dans un autre pays ? Est-ce que nous changeons de région du monde ? Notre budget nous le permet-il ? Est-ce que nous changeons de mode de voyage ? Est-ce qu’on rentre en France faire une pause pour mieux repartir dans quelques semaines ? Voilà où en sont nos réflexions, nous n’avons encore rien décidé, rien réservé après Hanoï, tous les scénarios sont envisageables. A nous de prendre la meilleure décision, celle qui nous correspond et qui nous fera avancer dans la bonne direction.






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