J82 : trajet et installation
Dernier transfert
On quitte donc Pu Luong notre petit havre de paix en début d’après-midi. Un minibus vient nous chercher devant notre hôtel. Il n’y a que nous cinq dans le minibus avec une voyageuse solo new-yorkaise. C’est agréable de parler anglais avec une voyageuse dont c’est la langue maternelle. Au Vietnam, peu parlent anglais, et le peu qui le parlent sont difficiles à comprendre.
Ce trajet est plutôt atypique. Le chauffeur arrive 1h avant l’heure de départ annoncée. Nous sommes en train de manger. On avale le reste de notre assiette en vitesse, on paye notre facture, on charge nos bagages… Il démarre avec une bonne demi-heure d’avance. On récupère la dernière passagère et nous comprenons que nous ne serons que 6 (7 avec le chauffeur) dans le minibus 12 places. On devait avoir les deux plus jeunes sur nous, pendant 4h de route dont 1h de virages, car il était possible de faire voyager les moins de 6 ans gratuitement sur les genoux. On est très contents de constater que tout le monde aura finalement un siège, et même nos sacs.
Les chauffeurs auxquels nous avons eu affaire au Vietnam ont quasiment toujours été des personnages assez atypiques. Et celui-ci, ne fait pas exception ! Au bout d’à peine 1h30 de route, il s’arrête. Nous pensons qu’il s’agit d’une pause « toilettes » comme c’est très souvent le cas, bien que nous ayons l’impression que nous venons à peine de partir. Je descends avec les deux garçons pour qu’ils se dégourdissent les jambes 5 minutes, la voyageuse new-yorkaise nous emboîte le pas. Nico met un peu plus de temps à sortir car boucle d’or semble apprécier les genoux confortables de son papa pour sa sieste. A peine nous avons mis un pied dehors, que le chauffeur redémarre le véhicule, le stationne un peu plus loin, et il en sort en le verrouillant. Il commence alors à lui faire une petite beauté à coup de jets d’eau, jets savonneux, coups d’éponges, à nouveau jets d’eau, jets savonneux, coups d’éponges, il rince enfin, puis sèche la carrosserie avec sa chiffonnette. Tout y passe : le toit, les vitres, les portières, les jantes… Nico est toujours à l’intérieur, je n’ai pas pris l’argent pour payer une boisson aux garçons, et la « petite toilette » du minibus dure pas loin de 40 minutes. 40 minutes durant lesquelles nous observions le spectacle debout à quelques mètres. Lorsqu’il a enfin terminé son affaire, il ouvre la porte latérale, Nico se faufile rapidement à l’extérieur pour aller aux sanitaires. Moi, je n’ai pas réagi assez vite, le temps que je réalise, le chauffeur a déjà disparu en laissant le véhicule fermé à clé derrière lui. Avec notre miss bouclette endormie à l’intérieur. Je pense qu’il est juste allé aux toilettes, mais 5 minutes passent, puis 10 minutes, 20 minutes… Il est toujours introuvable. Je commence à m’agacer contre lui. Qui, en 2024, laisse un bébé seul et enfermé à clé dans un véhicule ? Je n’ai plus qu’à espérer qu’elle ne se réveille pas, sinon je sais qu’elle va paniquer. Je suis plantée comme un piquet devant la fenêtre, ainsi elle sera un peu rassurée si elle venait à se réveiller. Heureusement que ce n’était pas une journée très chaude. Finalement, il réapparaît plus de 20 minutes après. Notre mini n°3 n’a pas cligné des yeux, elle dort toujours à poings fermés. Nous redémarrons après une pause de plus de trois quarts d’heure. Il semble qu’à présent nous soyons en retard sur le planning, puisqu’il roule à une vitesse complètement inappropriée par rapport à l’état de la route, il slalome dangereusement entre les autres véhicules, il klaxonne tous les cent mètres, il roule à contresens… On a eu quelques frayeurs sur les routes depuis nos débuts en Asie, mais cette fois-ci nous avons un gagnant toutes catégories. Dans ma tête, je me focalise que le fait que c’est notre dernier transfert, Hanoï est notre dernière étape avant le vol retour, et si nous arrivons en un seul morceau, nous n’aurons plus à subir les frasques des chauffeurs vietnamiens, dont certains devraient vraiment changer de métier. Le trajet est interminable, mais nous arrivons enfin devant l’opéra d’Hanoï, où nous n’avons aucune peine à trouver un taxi pour nous emmener dans, ce qui sera notre dix-neuvième et dernier logement de l’aventure !
Installation
Notre logement est excentré de l’effervescence du centre-ville : dans le quartier Vinhomes Ocean Park. Pour notre dernière étape, nous voulions du calme, des espaces de jeux pour les enfants, des trottoirs où il est possible de circuler… Et ce logement coche toutes les cases. C’est une immense résidence, avec plusieurs tours. Il y a des dizaines de parcs de jeux pour enfants, tous différents et très bien entretenus (dont certains sont des jeux aquatiques), il y a plusieurs piscines, une plage artificielle, des centaines de restaurants, coiffeurs, boutiques, supérettes… Une navette gratuite nous emmène jusqu’au centre-ville 7j/7. Le cadre est incroyable. L’appartement en lui-même est bien agencé pour 5 personnes, mais pas très équipé (pas d’assiettes, seulement 2 verres, pas de couverts) et pas très propre à notre arrivée. Les draps étaient encore mouillés : nous avons attendu au maximum qu’ils sèchent mais nous avons dû faire les lits avec les draps humides à minuit. Pas très pratique ! Cependant, vu le prix dérisoire (16€/nuit) on estime que c’est un très bon compromis.

J83 : hôpital français d’Hanoï
Depuis quelques jours ce n’est pas la grande forme dans la famille… Entre l’une qui a une infection ORL qui traîne, l’autre qui a des maux de ventre depuis un moment et le troisième qui a choppé une bactérie… Un petit tour chez le médecin s’impose. A Hanoï, il y a l’embarras du choix ! Suite aux avis positifs sur internet, on décide d’amener les trois enfants consulter un pédiatre à l’hôpital français d’Hanoï. Et après nos multiples péripéties avec les hôpitaux en Asie, nous nous attendions à tout, sauf à ce que nous avons vécu ! Et dans le bon sens du terme. L’hôpital (privé bien entendu) paraît neuf, et d’une propreté exemplaire, d’ailleurs bien plus propre que la plupart de nos chambres d’hôtel ! On se croirait davantage dans un centre de luxe que dans un hôpital. Il y a des salles dédiées pour les enfants. Tout le personnel parle anglais, et il est possible d’avoir un interprète en français si besoin. Nous avons vu la pédiatre tout de suite, sans attendre, puis enchaîné avec les examens (échographies, analyses biologiques). Nous avons trouvé la consultation extrêmement professionnelle, la médecin était prévenante, elle a pris son temps pour les diagnostics, et nous a donné des conseils. Nous sommes ressortis vraiment confiants et rassurés, avec les traitements médicaux des trois louveteaux et des gommettes partout sur les bras. Moralité, si vous devez tomber malades en Asie, essayez de le faire plutôt au Vietnam (je dirai même à Hanoï).
Après cette visite fort enrichissante, la tradition veut que le premier jour dans une grande ville soit consacré aux achats de première nécessité et aux grandes courses alimentaires. C’est donc au centre commercial que nous finirons la journée. Nous faisons le plein de produits alimentaires pour cuisiner à l’appartement, et un petit tour chez Décathlon. On a visité plus de centres commerciaux en trois mois, que les trois dernières années cumulées. Et on aura notre quota pour les trois suivantes aussi, je pense.
Donc voilà nous aurons visité trois pays en Asie du sud-est, et au moins un magasin Décathlon et un hôpital dans chacun des trois pays. C’est un sans-faute. Ça fait rêver, n’est-ce-pas ?
J84 : le mot d’ordre, ne rien faire
Même pas 24h après le début des traitements, les enfants vont tous les trois, déjà beaucoup mieux. Cependant, tout le monde s’accorde pour prendre une pause. La résidence dispose d’une panoplie de structures de jeux pour les enfants. Nous en testons quelques une, puis quand il commence à faire trop chaud, nous regagnons l’appartement avec au programme : sieste pour tous, jeux et devoirs.

J85 : retrouver un petit bout de France
Après une journée « très active », qui ressemble en tout point à celle de la veille, nous bousculons nos petites habitudes et nous sortons plutôt en fin de journée. Nous allons visiter le marché de Cho Hom, pas le plus connu mais un des plus authentique. Il est fréquenté quasiment que par des locaux. Le marché est vraiment sympa pour s’y promener, on y trouve des étals de fruits et légumes locaux à des prix très bons-marché. Il y a aussi des stands de vêtements, accessoires de coiffure, bijoux…

Une fois les sacs chargés de fibres et de vitamines, nous allons voir une des rues les plus célèbres d’Hanoï : train street. C’est une ruelle étroite, jonchée de petits restaurants, et joliment décorée, dans laquelle passe le train qui rase les murs, plusieurs fois par jour. A l’heure où nous y sommes, il n’y a pas de passage de train prévu avant plusieurs heures. On fait quelques photos, on marche le long de la voie ferrée et on laisse les enfants (passionnés de trains) jouer sur les rails. Ils sont un peu déçus de ne pas voir le train passer, mais nous passons un bon moment.

Ce soir, c’est une des soirées les plus attendue du voyage par les enfants (aussi les parents, on avoue !), car nous retrouvons nos amis V. et L., venus passer 15 jours au Vietnam. Nous avons fait en sorte de faire coïncider les dates de notre passage à Hanoï. Eux, ils arrivent tout juste au Vietnam et nous, nous en repartons dans quelques jours, mais pendant deux soirée, l’heure est aux retrouvailles, aux échanges, et aux apéros ! Ils ont amené avec eux un bout de la France et cette soirée fait tellement de bien au moral des troupes !

J86 : on prend les même et on recommence
Nous avons notre rythme de croisière, en journée on profite des alentours du quartier, on se balade dans Vinhome Ocean Park, on longe à pied les bords de la plage aménagée, le coin est joli, bien aménagé pour se détendre, se promener ou pour jouer, bien qu’il soit complètement artificiel.



Le soir, nous allons en ville et décidons de déambuler dans le night market du vieux quartier. Il est très grand (il est dans une rue de plus de 3 km), très fourni et très animé ! Nous ne pouvons pas rester trop longtemps, puisque nous avons promis à nos trois chérubins de retourner à Train Street, mais cette fois-ci à l’heure où passe le train. Nous y retrouverons les copains, pour leur dernière soirée à Hanoï.

Il est 19h, le train est censé passer à 19h30. Mais nous apprenons sur place, que le passage de 19h30 est annulé et que le prochain n’est qu’à 21h15 ! Coup dur pour nos trois petits passionnés. Il est difficile de s’approcher de train street sans être accostés par les rabatteurs. Ils font croire qu’il faut absolument consommer et s’installer en terrasse pour s’engager dans la rue mais il n’en est rien. Il est possible de passer en insistant. Pour apaiser notre frustration, nous décidons de nous installer quand même à une terrasse, histoire de boire un coup dans ce cadre tellement atypique. Nous n’avions pas l’intention d’attendre le train, mais une fois la soirée lancée, les enfants avaient faim, nous leur avons commandé à manger, ils ont joué, puis l’heure a passé…

Lorsqu’il ne restait plus que 45 minutes à attendre, on s’est dit que c’était dommage et nous sommes restés ! C’est ainsi que nous avons entendu la sonnerie retentir vers 21h15, indiquant de quitter les rails et de ranger les tables. Tous les employés s’activent, chacun connaît sa mission. En deux minutes, tout le monde est prêt à accueillir le train, le téléphone à la main. Les enfants sont en retrait au fond de la boutique, de manière à pouvoir le voir, tout en restant en sécurité. Il arrive, il s’approche, il passe sous nos yeux et c’est vraiment impressionnant ! Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit si proche ! C’était une expérience vraiment originale, nous avons passé une très bonne soirée. L’avoir partagée avec V. et L. était vraiment la cerise sur le gâteau ! Et pour l’anecdote, nos avons failli ne pas voir le train, et finalement nous l’aurons vu passer deux fois ! Il est passé en sens inverse 20 minutes après son premier passage. Les minis en folie !
J87 : night market et vieux quartier
Nous sommes restés sur notre faim la veille avec le night market, donc nous y retournons aujourd’hui avec tout le temps que nous souhaitons devant nous. On en profite également pour une petite balade nocturne dans le vieux quartier de Hanoï, très populaire, très fréquenté et très animé le soir !
J88 : musée et marché
C’est notre dernière journée de visites, le lendemain sera consacré aux préparatifs du départ. Nous avons choisi de ne pas visiter les monuments à Hanoï, nous en avions vu beaucoup pendant notre séjour et nous avons privilégié la détente et les visites de proximité. Cependant, je tenais beaucoup à voir le musée ethnographique. Et nous n’avons pas été déçus, il est vraiment très intéressant. Même les enfants se sont régalés. Il explique très bien la culture vietnamienne, les différentes tribus qu’on y trouve ainsi que leur localisation géographique, leurs origines, leurs us et coutumes… A l’extérieur, il est possible de visiter les maisons traditionnelles de ces tribus. Il mérite vraiment un petit détour !




Après le musée, nous allons nous perdre dans le marché de Dong Xuan. Un des plus grand et plus touristique de la capitale, mais nous avons beaucoup aimé. Il y a énormément de choix, pour ramener des souvenirs ou des spécialités locales.
Ensuite, place aux expériences ! Comme les tarifs sont beaucoup moins élevés qu’en France, Nico s’est fait tatouer le prénom de notre mini n°3 sur le poignet (il ne manquait qu’elle, les deux autres étaient déjà tatoués). C’était très propre, le travail était soigné, bref il était content de son affaire ! Quant à moi, je dois me faire couper les cheveux en rentrant, donc il m’a poussé (à juste titre) à le faire ici. Et je reconnais que les tarifs sont vraiment concurrentiels : 8€ pour un shampoing + 1h de massage de la tête / visage / nuque + coupe + brushing. J’ai demandé une coupe en dessous des épaules et au final j’ai une coupe vraiment courte au-dessous des oreilles. En revanche c’est très bien coupé. Ayant eu les cheveux longs toute ma vie (je les avais longs jusqu’aux hanches), j’ai eu un peu de mal à m’y faire au début, puis plusieurs jours après je commence à m’habituer et à apprécier ma nouvelle tête. Et puis les cheveux ça repousse de toute façon !
J89 : finir en beauté
Cette journée n’est pas la plus passionnante du séjour, nous nous affairons aux derniers préparatifs : administratif, ménage, bagages, mise à jour des médias… Les enfants vivent leur meilleure vie, car pour être plus disponibles et efficaces nous leur avons autorisé une après-midi dessin animés !
En début de soirée, alors que nous nous apprêtions à envoyer les enfants se coucher, nos voisins de palier nous ont invités chez eux pour un moment convivial. Il s’agit d’une mère de famille vietnamienne qui vit seule avec ses deux adolescents : Biel (12 ans) et An (17 ans). Nous avons adoré ce moment d’échange culturel, c’était incroyable. Les enfants parlaient plutôt bien l’anglais, leur mère pas du tout. Ils lui servaient d’interprète pour que nous puissions communiquer. Elle nous a fait goûter des spécialités locales (fruits au sel épicé, petits gâteaux, graines de tournesol…) et nous a reçu comme si elle nous connaissait depuis longtemps. Nous avons gardé contact avec sa fille aînée. Son hospitalité nous a beaucoup touchés, et nous ne pouvions pas rêver mieux pour notre dernière soirée au Vietnam, et même en Asie.
J90 : quitter l’Asie
Les bagages sont bouclés, l’appartement est propre, nos billets sont imprimés. Nous sommes prêts à remonter le temps jusqu’en Europe. Nous avons un long transfert qui nous attend ! Nous sommes à la fois tristes et nostalgiques de quitter l’Asie, après y avoir passé 3 mois aussi intenses, nous savons que le retour à la réalité va être brutal. Et nous sommes aussi impatients et excités de retrouver nos proches, nos amis, notre maison, notre confort, notre culture, nos habitudes alimentaires… Ce sont les montagnes russes émotionnelles depuis plusieurs jours, en passant du rire aux larmes, et en testant toute la palette des émotions dans chacune de leurs nuances. Le voyage n’est pas tout à fait terminé, nous avons une longue escale dans une jolie capitale européenne et nous comptons bien mettre notre temps à profit !






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