Nous arrivons dans la partie nord du Danemark. Nous commençons à croiser plus de monde sur les plages et sur les routes. Le paysage est toujours aussi dénué de relief, mais il s’agrémente de plus en plus d’arbres. Au début, nous croisons surtout des forêts artificielles, puis, plus nous montons vers le nord et plus nous nous rapprochons de l’est du Jutland, plus les forêts se densifient.

Nous notons qu’il n’est pas aussi évident de trouver des parkings gratuits ou des coins en pleine nature. Nous passons un peu plus de temps à chercher, mais nous finissons toujours par trouver un emplacement qui nous convient.

Thisted

Notre première visite du nord, est la ville de Thisted. Nous mangeons sur un parking avec la vue sur le lac et nous faisons la connaissance d’un couple de retraités danois, qui voyagent en camping-car à travers le pays. Ils parlent très bien l’anglais et apprécient de partager des informations et des conseils pour voyager dans leur résidence natale.

Thisted est une jolie ville, avec un charmant petit port, et des ruelles commerçantes typiques.

Aabybro

Notre étape à Aabybro est plus pratique que touristique. L’heure tourne, nous avons beaucoup roulé, les petites jambes ont besoin de courir, et surtout, un siège auto a été victime d’une malencontreuse et impromptue montée des eaux. Nous trouvons une école, que nous pensons fermée pendant les vacances d’été, donc nous stationnons sur le parking et les enfants se ruent vers l’immense et incroyable structure de jeux.

Au Danemark, les écoles ne sont pas fermées et les cours de récréations, très bien équipées en structures de jeux, sont accessibles aux enfants en dehors des horaires d’accueil des élèves. Donc, lorsque nous cherchons un lieu pour dormir en ville, nous cherchons généralement une école. La plupart du temps, nous ne sommes pas déçus des infrastructures mises à disposition.

Nous voilà donc, en train de laver à la main l’intégralité des housses du siège auto dans une bassine de 20 cm de diamètre. En étant bientôt à court d’eau et sans la possibilité d’étendre un fil pour faire sécher au soleil, bien entendu.

Après un repas rapide, nous transformons le fourgon en buanderie. Le linge sèche suspendu au-dessus de nos têtes, alors que nous nous enfonçons tranquillement vers le sommeil.

Au petit matin, il n’est pas encore 7h, que nous entendons de l’agitation autour du véhicule. Je passe la tête par la fenêtre, pour y apercevoir des petites têtes blondes de même pas 1 mètre avec leur sac-à-dos lapin sur le dos. De toute évidence, l’école accueille de la garderie pendant les vacances. Il est évidemment inapproprié de camper devant un établissement qui accueille des élèves, donc même si personne ne nous somme de quitter les lieux, je réveille toute la tribu et nous nous déplaçons de quelques rues pour finir de nous préparer et prendre le petit-déjeuner.

Pointe de Grenen

Nous sommes très impatients ! C’est l’endroit que nous rêvons de visiter depuis longtemps. La pointe de Grenen, est le point le plus au nord du pays, juste à quelques kilomètres au-dessus de la ville de Skagen. Nous roulons en direction de la pointe, et nous trouvons la route très fréquentée. Ce n’était que le début d’une grande désillusion. En arrivant, nous sommes noyés au milieu d’un flot continu de voitures. Il y a en a dans tous les sens. Nous sommes au milieu d’un nombre de personnes plus élevé, que toutes les personnes réunies que nous avons croisées depuis le début de notre voyage au Danemark. Si nous savions que le lieu était touristique, nous ne nous attendions tout de même pas à un tel contraste. Nous nous frayons un passage jusqu’au fond de l’interminable parking en terre, mais nous ne trouvons aucune place pour le gabarit de notre fourgon, pourtant pas immense.

Une voiture libère une place dans l’herbe, nous prenons naturellement sa place. Il est midi passé, donc nous décidons de prendre un repas rapide avant d’aller sur le site. Une fois le repas réchauffé et prêt à être servi aux oisillons affamés, un monsieur très sympathique (faux), nous demande gentiment de quitter cette place : « you have to leave now, and I said NOW ». Ok monsieur bonne humeur, inutile de nous agresser il suffit de nous expliquer où nous pouvons stationner. Tout est complet donc il nous accorde une place au début du parking, normalement réservé aux voitures. Selon son point de vue, il nous accorde une faveur, donc nous n’avons qu’une heure (payante) pour tout visiter. Pas une minute de plus. Nous avalons à la hâte les restes de riz à même la casserole, pour ne pas gaspiller nos 60 précieuses minutes. Nous passons par le point de vue qui offre un panorama sur le phare et le bunker. Nous ne résistons pas à la tentation de faire un petit crochet par ce dernier. Il est vrai que l’eau est translucide et la vue splendide. En face de nous, la longue plage de sable blanc mène à cette fameuse pointe.

Nous n’avons pas idée du temps qu’il va nous falloir pour atteindre le bout, donc nous pressons le pas. Heureusement que les petites jambes sont musclées depuis les kilomètres parcourus en Asie.

Sans surprise, la plage est bondée. Noire de monde. Les danois sont en minorité, nous entendons parler anglais, allemand, suédois, et même français pour la première fois depuis notre arrivée dans le pays.

Vingt minutes plus tard, nous avons l’incroyable privilège de voir se rencontrer deux mers sous nos yeux. Les vagues de la mer de Kattegat et celles de la mer de Skagerrak s’embrassent pour ne former plus qu’un. Le phénomène est magnifique à observer. Nous avions un pied dans une mer et l’autre pied dans l’autre. Incroyable quand on y pense ! Nous aurions adoré profiter de cet instant en nous postant devant la mer, le regard perdu au large. Mais il y a du monde et du bruit. Impossible de capturer cet instant, sans des têtes partout. Et en plus l’heure tourne ! Les souvenirs de cet instant resteront dans nos têtes mais pas dans nos téléphones.

Nous faisons le trajet retour au pas de course, et nous atteignons le fourgon exactement 59 minutes et 57 secondes après notre départ. A bout de souffle et les jambes courbaturées, mais dans les temps. Le gardien du parking, était posté devant notre véhicule, toujours aussi souriant et les yeux rivés sur sa montre. A coup sûr, à trois secondes près, nous allions écoper d’un joli papier sur le pare-brise. Mais ça ne sera pas pour cette-fois !

En définitive, le site est magnifique et le phénomène des deux mers qui se réunissent est vraiment beau à observer. Mais la sur fréquentation du lieu et les conditions dans lesquelles nous avons effectué cette visite n’ont pas rendu ce moment aussi magique qu’il aurait pu l’être. Je ne dis pas mon dernier mot, revenir à la pointe de Grenen hors saison est déjà sur ma liste !

Skagen

La ville du Danemark la plus septentrionale est Skagen. C’est une ville à taille humaine, mais l’une des plus connues et prisées du pays, autant par les danois que les touristes étrangers. Antan, elle a été conquise par des artistes peintres enchantés par la lumière qu’elle dégageait. Puis, ont suivi des écrivains et des personnes à l’âme bohème. Aujourd’hui, elle est appréciée pour son charme et sa culture, les sites incontournables auxquels elle donne accès (Grenen et Rubjerg Knude), ses maisons jaunes aux tuiles rouges typiques, ainsi que son ambiance conviviale et festive.

A la différence de la plupart des villes que nous avions visitées jusqu’à lors, les rues sont jonchées de boutiques mais surtout de bars et de restaurants. Il y a de la musique, de l’agitation et des éclats de voix qui émanent des bâtiments. Les terrasses sont pleines à craquer. C’est d’ailleurs la première fois, que nous avons autant de mal à trouver un emplacement pour nous garer. Gratuit comme payant, tout est complet. Nous tombons sur un parking, un peu excentré du centre-ville, gratuit et adapté aux véhicules de gros gabarit. Il ne reste que quelques places, nous avons de la chance !

Nous marchons dans la ville, nous flânons dans sa brocante, nous longeons des rails de train hors service (nostalgie de l’Asie !)… Nous passons un moment agréable. En plus il fait un temps magnifique. Le soleil brille, et il n’y a pas un nuage à l’horizon ni un souffle d’air. Lorsque nous avons planifié notre itinéraire, nous avions prévu de rester quelques jours dans la pointe nord du pays, jugée un des plus beaux endroits du Danemark. Nous ne pouvons démentir la beauté des paysages, toutefois il y a beaucoup trop de monde. Ce n’est pas une ambiance que nous recherchons dans nos voyages. De plus, plus la zone est surpeuplée, plus il est difficile d’évoluer avec notre fourgon. Nous décidons donc, de quitter la jolie ville de Skagen, après seulement quelques heures. Nous nous dirigeons un peu plus au sud, pour, une fois n’est pas coutume, chercher un camping.

Pour cette nuit, nous souhaitons donc dormir dans un camping. Dans cette zone très touristique, nous n’avons pas réussi à trouver de quoi vidanger le fourgon, ni nous ravitailler en eau potable. Il fait chaud et les gourdes sont presque à sec, la cassette des WC est hors service depuis la veille, les vêtements propres se raréfient… Autant de raisons qui nous poussent à trouver un camping et remédier à toutes ces difficultés en une seule soirée. Mais dans cette région, impossible de trouver un camping à moins de 75€ la nuit. Ils sont certes très bien équipés, mais le tarif est exorbitant. Pour ce soir, nous n’avons pas le choix, mais nous ferons en sorte de mieux nous organiser la prochaine fois.

Nous « profitons » de cette soirée pour lancer nos deux machines de linge. Que nous peinons à faire fonctionner (pour ma défense, elles étaient défaillantes). Une fois lancées avec l’aide d’un gentil monsieur qui travaille au camping, il est tard et la réception ferme ses portes. Pile à l’heure de faire tourner les sèche-linges qui dysfonctionnent également. Mais cette fois-ci, plus personne n’est dans les parages pour relancer les engins. Nous voilà donc, avec 18 kg de linge mouillé à étendre sur une corde tirée devant le fourgon, alors que la nuit (et donc l’humidité) sera tombée d’ici deux heures. Joie et bonheur ! Stay positive ! Nous avions, entre-autre, également pris un camping pour avoir une bonne douche chaude, un moment qui nous fait cruellement défaut depuis plusieurs jours (on se débarbouille un peu quand même hein, mais rien ne vaut une bonne douche à grandes eaux). Mais dans ce camping, on achète un jeton (environ 2,50€) pour avoir 4 minutes d’eau chaude. Mince, on va donc devoir faire l’impasse sur le gommage et les soins capillaires ! Nico, lui, fait l’impasse sur l’eau chaude, ça lui rappelle l’Asie, les 45°c à l’extérieur en moins. La douche ressemble plus à une épreuve de rapidité qu’un moment de détente. Mais ce n’est qu’un détail. Je comptais surtout profiter du WIFI, pour organiser la suite du voyage et poster mes articles de blogs, rédigés depuis plusieurs jours mais dans l’impossibilité de les poster sur le site faute de connexion. Et le WIFI ne fonctionnait pas à notre emplacement. Comme on dit, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ! Si les 75€ la nuit, ne paraissent à première vue pas très bien rentabilisés, il fallait voir l’état de joie et d’euphorie dans les yeux des enfants, lorsqu’ils jouaient avec les autres enfants du camping, qu’ils faisaient la tyrolienne dix fois d’affilée ou qu’ils sautaient en s’esclaffant sur la structure gonflable… Qu’ils se sont couchés le cœur gonflé de bonheur et en disant que c’est la meilleure soirée des vacances. Cette raison-là, met immédiatement du baume au cœur et nous fait relativiser sur les petits problèmes qui n’en sont pas vraiment.

Aalborg

La grande ville d’Aalborg fait partie des incontournables lors d’un séjour au Danemark. C’est une ville fondée par les vikings, la quatrième plus grande du pays. Elle séduit par son front de mer spectaculaire, son centre architectural, sa cuisine de rue dans une ancienne usine de meubles, son musée d’art moderne, ses rues et ses bâtiments accueillants (dans la vieille ville), son art de rue coloré, sa piscine portuaire, la vue depuis sa tour, son cimetière viking mystique (Lindholm Høje)… Bref, il y a tant à faire à Aalborg, que nous souhaitions découvrir cette ville atypique.

Et bien nous n’aurons rien découvert de tout cela. Lorsque nous avons atteint Aalborg, la totalité de la meute avait sombré dans un sommeil profond postprandial. Nous savons d’expérience, que les réveiller lorsqu’ils sont fatigués (dans le cas présent, très fatigués), ne nous donnera pas pour autant la possibilité de les traîner en ville pour crapahuter des kilomètres. Si on s’arrête, ils se réveilleront. S’ils se réveillent, ils ne seront pas très enclins à faire des visites et seront toujours fatigués. On décide donc de continuer à rouler, et de ne faire qu’apercevoir la ville à travers les vitres du fourgon.

Aalborg sera notre rendez-vous manqué de ces vacances.

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