Après quelques jours en pleine ville à arpenter les rues bétonnées, après avoir pris des bus, tramway et métros, et avoir côtoyé plus de monde que les cinq semaines précédentes réunies, nous nous dirigeons vers le sud de Stockholm, à la recherche de ces lieux natures et sauvages que nous aimons tant en Suède. C’est également la dernière partie de la Suède que nous visiterons, nous nous rapprochons progressivement du Danemark et de facto du chemin retour vers la France.

Haninge

Nous trouvons l’un de ces lieux pour passer la nuit que nous adorons : un parking excentré de la ville, face à un immense espace de sports et loisirs, l’accès direct à un lac et des départs de randonnées. Et le petit plus qui fait du bien, et qui est assez difficile à trouver en Suède, un point d’eau potable extérieur en libre accès. Et cela tombe très bien, puisqu’après trois jours à l’arrêt pour visiter la capitale, les réserves d’eau du fourgon (potable et non potable) sont toutes à sec !

Nous arrivons sur les lieux un peu tard, donc les enfants profitent des espaces de jeux, je les surveille pendant que Nico fait des aller-retours avec des bidons de 10L entre le point d’eau et le fourgon. Il a dû en faire une dizaine le pauvre, et c’était quand même assez loin.

Le lendemain matin, le temps est parfait, nous optons pour une randonnée. Il y a beaucoup d’itinéraires, nous avons le choix, et le nôtre se porte sur le tour d’un des lacs. Une randonnée courte mais jolie, et notre mini marcheuse n’est pas motivée par le porte-bébé donc on ne se lance pas un objectif trop ambitieux à peine levés. La randonnée commence par un parcours « quizz » sur l’Allemansrätten, que nous avons trouvé très intéressant. Nous avons appris plein d’informations et de bonnes pratiques sur le droit de libre accès à la nature en Suède. Bien sûr, les panneaux sont écrits en suédois, mais nous avons tout traduit avec Google Lens. Le tour du lac était magnifique et nous avons pu remplir une boîte en inox entière de myrtilles. Il n’y avait pas de dénivelé donc notre mini marcheuse de 2,5 ans a bien marché tout le long (environ 3 km).

Après le repas au fourgon, on retourne randonner du côté du deuxième lac. Heure de la sieste oblige, nous n’avons pas eu beaucoup de protestations pour mettre la mini dans le porte-bébé. En plus, nous avons dévié du sentier principal pour profiter plus longtemps des rives du lac, et nous avons dû grimper et traverser les broussailles plusieurs fois pour retrouver l’itinéraire balisé. Une fois sur ce dernier, elle demande à descendre pour participer à la bataille de pommes de pin familiale qui est en train de s’amorcer. Après une bonne partie de rigolade, nous reprenons la marche. Car s’envoyer des pommes de pin dessus c’est drôle, mais ça ne fait pas trop avancer !

En revenant sur la base de loisirs, il y a un petit évènement avec un concert de beat box et de hip-hop qui a littéralement captivé les trois mini curieux. Nous terminons la journée par une baignade au lac et des jeux dans le sable jusqu’à ce que la fraîcheur de l’air nous force à nous rhabiller et repartir à la recherche d’un autre endroit splendide à découvrir.

Trosa

Petite ville lacustre et pittoresque qui vaut le détour, en plein cœur de la région du Sörmland, région qui est surnommée le jardin d’Eden de la Suède. Nous y avons fait une halte rapide, le temps de visiter la ville à pied et d’y dormir une nuit au bord d’un parc de jeux animé de cours de danse collectifs pour les adultes, auxquels nous avons, la mini danseuse et moi, participé volontiers au milieu des grand-mères suédoises curieuses et attendries de la présence d’une participante de moins de 90 cm à fond sur le rythme de la chorégraphie.

Stendörren

La réserve naturelle de Stendörren est un incontournable de la région. Elle est appréciée et connue pour la diversité de ses paysages (prairies côtières, forêts de pins, petites criques rocheuses…) et nous l’avons notamment choisie pour la particularité de son parcours qui sont les différents ponts suspendus à traverser pour passer d’une île à l’autre, et qui permettent de s’enfoncer dans la nature de l’archipel. Les enfants ont adoré cette randonnée, nous longeons la mer quasiment tout le long, et la vue est magnifique. Elle est facile, relativement plate, bien balisée et il existe plusieurs parcours en fonction de la distance ou la difficulté. Nous avons choisi les parties du parcours qui contenaient les ponts suspendus, car c’était ce qui intéressait le plus les enfants. Nous avons croisé des voiliers, kayaks et paddle, l’archipel se prête également à une visite sur l’eau de la mer Baltique.

Kalmar

Kalmar est une ville importante sur le plan historique. Son centre médiéval témoigne du passé de la ville, à l’époque où elle était l’un des centres du pouvoir les plus important de Suède. Son imposant château date du 12ème siècle et a été rénové quelques siècles plus tard. Il est entouré d’eau et son architecture est à couper le souffle. Nous avons décidé de ne pas le visiter au profit d’une balade en ville, car un autre château nous attend plus tard dans la journée. Les rues pavées de la vieille ville sont bordées de bâtiments bien conservés datant des 18ème et 19ème siècles. Nous avons pu assister à une exposition de sculptures de sable impressionnantes. La balade en ville fut brève car il était organisé un évènement sportif le week-end de notre venue (un triathlon il me semble) et il y avait une fréquentation inhabituelle, et les déviations et les travaux dans toute la ville n’arrangeaient pas la situation pour s’y déplacer.

Ile d’Oland

Nous avons droit à notre première vraie journée de pluie. Nous roulons sous une pluie battante vers l’île d’Oland, que nous comptions visiter sur au moins deux jours. C’est une grande île reliée à Kalmar par un pont, la deuxième plus grande île de la Suède, qui s’étend sur 137 km du nord au sud sur seulement 16 km de large. Elle détient plus de 300 km de littoral et 90 réserves naturelles. Il y a de quoi faire sur l’île, lorsque le soleil est de la partie. Oland repose sur un socle calcaire exposé, qui a façonné ses paysages hors du commun. Cette caractéristique géologique a conduit à la création de vastes landes ouvertes appelées « alvars » dont la plus grande est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les conditions climatiques nous obligent à revoir notre programme et nous optons pour la visite du château baroque de Borgholm, dont il a la réputation d’être « le plus beau château en ruines de la Scandinavie ». Il a été construit au 13ème siècle, pour protéger le détroit de Kalmar et l’île d’Oland. Sa visite est très ludique, il est prévu un jeu d’orientation dans tout le château pour les enfants. Il y a un parcours facile dont le but est de trouver les œufs de dragon et de noter le nombre inscrit dessus. A la fin, la suite de nombre donne le code pour ouvrir le premier coffre-fort. Pour le parcours plus difficile, on nous donne une amulette à l’accueil (en anglais ou en suédois) qu’il faut coller aux boîtes qui ont le signe du dragon, éparpillées dans le château. La boîte énonce alors une mission à accomplir, pour recueillir un symbole, qui constituera le code pour ouvrir le deuxième coffre-fort. Grâce à ce jeu, nous sommes allées dans tous les recoins du château et nous y avons passé presque 3h sans voir le temps passer. Il y a également des expositions (vie sous-marine, tableaux), des reconstitutions d’attaques vikings, une animation lumineuse qui simule la présence d’un dragon dans le donjon… Cette visite à fait l’unanimité auprès des petits et des grands. Et oui, nous avons réussi à ouvrir les coffres-forts (non sans mal, on l’avoue) !

Kivik

C’est un village de pêcheur, qui a la particularité d’être spécialisé dans la pomme. Son marché annuel et ses vergers de pommes sont célèbres en Suède. Il y a des pommiers dans la ville, dont les pommes sont en libre accès et à profusion. Nous avons récolté de quoi avoir des goûters vitaminés jusqu’à la fin du voyage. Sinon le village en lui-même est très joli, sa jetée ainsi que ses maisons colorées rendent le tour très agréable.

Simrishamn

Simrishamn est un village pittoresque dont les maisons en bois pastel et leurs jolies portes décorées bordent les rues. La marina est agréable pour se poser en regardant les bateaux blancs qui fendent l’eau bleu marine de la mer Baltique. De nombreux évènements sont organisés sur le port tout au long de l’été. La rue pavée de Storgatan est très animée grâce à ses charmants cafés et ses restaurants accueillants.

Sandhammaren

Sandhammaren a été élue à plusieurs reprise la plus belle plage de Suède. Il est vrai, que son sable blanc ultra fin et ultra doux n’a rien à envier aux plus belles plages de Thaïlande. Si en plein été, il est difficile de stationner aux abords de cette plage très populaire, une fois sur la plage il est tout à fait possible de s’éloigner des accès principaux en marchant cinq ou dix minutes pour avoir un peu de tranquillité (voire même être seul au monde). Car, même si elle est très prisée, elle est longue de 13 kilomètres, donc les baigneurs ne se marchent pas dessus pour autant. Elle est située à l’extrême sud de la Suède, et s’étend d’est en ouest. Il faut être très vigilant à la baignade, car dans cette région, surtout à la pointe la plus méridionale, les sables mouvants et les courants sont violents et dangereux. D’ailleurs, c’est probablement le plus grand cimetière de navires et bateaux engloutis par les eaux, de tout le pays. Il fut un temps, où Sandhammaren était connue comme la zone où les navires s’échouaient le plus fréquemment. C’est la raison pour laquelle on y trouve un phare datant de années 1860 (qu’il est possible de visiter) ainsi que la plus ancienne station de sauvetage de la Suède datant de 1892. L’histoire raconte que les pirates profitaient de cette situation pour tromper les navires de passage en braquant de fausses lumières, et beaucoup d’entre eux se sont échoués, rendant leur équipage des proies faciles pour les pillards.

Ales Stenar

Les mégalithes de Ale, ou Ales Stenar dans la langue locale, sont un alignement de 59 menhirs de granite, de gneiss et de grès, disposées en forme de vaisseau sur une longueur de 68 mètres. Ils reposent en haut d’une colline face à la mer depuis l’âge de bronze et pour l’éternité. Le site dégage une ambiance mystique et magique, surtout que nous nous y sommes rendus à l’heure où le soleil déclinait vers la mer. Les études géologiques ont démontré que certaines de ces mégalithes provenaient de tombes séculaires, dont les blocs furent réutilisés pour construire un navire. Ces mégalithes ont également fait office de calendrier solaire aux vikings de l’époque. Un système astucieux de jeux d’ombres à l’intérieur du vaisseau, coïncide avec les solstices d’été et d’hiver, ainsi qu’avec les équinoxes de printemps et d’automne. Nous avons passé un moment hors du temps, apaisés par la lumière orangée du ciel et bercés par le bruit des vagues en contrebas de la falaise. Et nous avons fait des photos des enfants magnifiques au milieu des rochers face au soleil couchant.

Ystad

Ystad est une ville historique avec ses petites maisons médiévales à pans de bois aux tons pastel et ses rues tortueuses et pavées ensoleillées. C’est un parfait mélange entre culture, art, histoire, architecture, plages de sable blanc et paysages vallonnés de la campagne de Scanie aux portes de la ville. Nous prenons notre temps pour visiter la ville, déambuler dans les ruelles typiques, profiter de nos derniers instants au pays des petits pains à la cannelle.

C’était notre dernière étape en Suède, nous démontons le porte-vélo pour tout ranger à l’intérieur du véhicule dans le but de passer le pont de l’Øresund au petit matin, qui relie la Suède au Danemark. Nous allons donc entreposer les vélos à l’intérieur du véhicule pendant 2-3 jours grâce à une aisance certaine au jeu de Tétris, ce qui condamne les couchages superposés de l’arrière du fourgon. Nous faisons cette manipulation contraignante, car pour passer le pont et prendre le ferry, les tarifs passent du simple au double lorsque le véhicule dépasse les 6m de longueur. Et le nôtre mesure 5,99m sans le porte-vélo, et par conséquent, au-delà de quelques dizaines de centimètres avec. Si nous avions su ce qu’allait nous coûter, ou plutôt me coûter, cette petite économie, nous aurions sûrement fait le choix de laisser les couchages accessibles ! Mais cette histoire, ce sera pour une autre fois…

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