Les paysages
C’est le paradis des épris de nature, l’éden des amateurs de grands espaces, l’amphithéâtre des passionnés d’activités de plein air. L’omniprésence de la nature sous toutes ses formes, a rempli notre réservoir de bonheur un peu plus chaque jour, pendant presque six semaines. Nul besoin d’être actifs tous les jours pour profiter de ces espaces naturels. Le simple fait d’être dehors presque 24h/24, en inspirant l’air pur de la forêt ou des parcs naturels, en lisant un livre dans un hamac, ou en arpentant les sentiers boisés à la recherche de baies sauvages, suffisait à remplir la jauge de sérotonine à son niveau maximal.
Nous ne nous sommes jamais lassés des couchers de soleils à travers les sapins à 23h30, du reflet des montagnes sur les lacs, des plages de sables désertes et immaculées qui s’étendent sur des dizaines de kilomètres, des archipels d’îlots de maisons de pêcheurs colorées… Si un voyage en fourgon avec trois enfants peut s’avérer éprouvant, et que d’habitude nous apprécions aussi de rentrer pour retrouver le confort de notre maison, pour la première fois, nous avons eu un sentiment d’inachevé et de frustration lorsque, à Gävle, nous avons bifurqué vers le sud, car la date de la fin des vacances approchant, nous avions plusieurs milliers de kilomètres à parcourir et il fallait prendre la direction du retour. Nous avions tellement envie de découvrir les merveilles de la nature les plus septentrionales du monde ! Une chose est sûre, nous ne sommes pas rassasiés du nirvana de nature scandinave, et la suite est déjà au programme !

Nos voisins nordiques
Ce n’est pas qu’un mythe, les descendants des Vikings sont pour la grande majorité assez grands en taille. Et si on a l’impression qu’ils sont tous blonds (voire très blonds) aux yeux bleus, cet aspect-là relève davantage d’un biais cognitif puisque le panel est bien plus diversifié. La proportion de petites têtes blondes dans les jardins d’enfants est certes plus élevée que sur la côte méditerranéenne, il n’en reste pas moins que la population est très cosmopolite, notamment en Suède. Nous aurions aimé pouvoir échanger davantage avec nos voisins nordiques, mais la barrière linguistique et culturelle, associée au mode de voyage en fourgon qui n’est pas le plus propice aux rencontres, ce fut laborieux malgré nos efforts de sociabilisation. Si quelques échanges agréables avec les locaux ont pu avoir lieu sur les bancs des jardins d’enfants, les campings ou autour d’un feu à partager des chamallows grillés, finalement, nos plus belles soirées, nous les avons passées à prendre l’apéro avec des familles de voyageurs français.

Le tourisme
Les pays scandinaves sont pensés pour les voyageurs, même si un véhicule est indispensable (à part dans les capitales). Les routes sont larges et, à quelques exceptions près, jamais encombrées, les parkings sont en nombre suffisant, autant pour les voitures que les véhicules de loisirs. Nous n’avons jamais eu de problèmes pour stationner, et les règles de stationnement sont systématiquement traduites en plusieurs langues. Les panneaux routiers sont clairs et souvent traduits en anglais. Dans les établissements touristiques (campings, musées, restaurants…) le personnel parle un anglais très compréhensible. Il y a beaucoup de musées qui sont gratuits en Suède, car l’Etat estime que tout le monde doit pouvoir avoir accès à la culture. Ainsi, nous avons croisé de nombreux petits musées sur notre route, même dans des villages. Les locaux ne sont nullement dérangés par le tourisme, ou du moins ils n’en ont jamais rien montré. Où que nous stationnions, où que nous nous baladions, nous n’avons jamais senti de l’agacement de la part des riverains. Bien sûr, même si c’est une évidence, il faut éviter les terrains privés, les places trop proches des habitations, de faire du bruit à des heures inappropriées ou de laisser des déchets derrière soi pour préserver cette harmonie.

Le budget
Le niveau de vie n’est pas le même entre chacun des pays de la Scandinavie. Parmi les trois que nous avons visités, si le Danemark et la Norvège étaient très chers, ce n’était pas le cas de la Suède à la période où nous y étions. Les prix étaient pour la plupart inférieurs à ceux de la France.
La Scandinavie reste tout de même une destination à gros budget car le carburant et la nourriture sont assez onéreux. Et les distances à parcourir sont grandes ! Nous avons fait le choix d’y aller en fourgon, nous étions donc autonomes sur les trajets, les repas et les nuitées. Mais si l’on doit rajouter les transports (train, location de voiture etc…), les repas en extérieur et l’hébergement (hôtel, location…) le budget peut grimper très rapidement.
Si l’on visite les pays d’Europe du nord en véhicule de loisirs autonome, il y a quand même des moyens de réduire les dépenses :
- Faire le plein des produits non périssables en Allemagne (pâtes, riz, semoule, légumes et poisson en conserves, biscottes, confitures, miel, compotes, biscuits, boissons…)
- Faire le plein de carburant avant ou après les frontières dans les pays où il est le moins cher (Allemagne, Suède)
- Eviter les portions de route payantes ou les ferries. Il faut calculer, car il se peut qu’une traversée en ferry soit moins chère que le prix d’un passage de pont + carburant quand le détour par la route est important.
- Stationner sur les parkings gratuits quand c’est possible, même s’il faut marcher quelques centaines de mètres.
- Dormir en dehors des villes, sur des sites isolés et naturels. Nous ne dormions en camping que lorsqu’il fallait faire les vidanges ou faire des lessives massives. A peine trois campings en six semaines.
- Faire les vidanges et les remplissages dès que l’occasion se présente, même si les jauges ne sont pas au minimum / maximum.
- Cuisiner dans le fourgon pour éviter les repas au restaurant.
- Laver les sous-vêtements au fur et à mesure à la main, ça retarde le moment de trouver un camping pour faire tourner une machine à laver.
- Enlever les vélos du porte-vélo pour passer les ponts et les ferries si cela permet au véhicule de mesurer moins de 6 mètres de long (le prix passe du simple au double à partir de 6 mètres).
- Privilégier les visites gratuites, car il y en a beaucoup, elles sont intéressantes et suffisantes avec de jeunes enfants.

La logistique
Les camping-caristes suédois dorment surtout en camping donc il y a peu d’infrastructures indépendantes pour les vidanges et remplissages. On a souvent mis plusieurs jours à trouver des points d’eau ou des aires de vidange. Il n’est pas envisageable pour nous de vider les eaux grises (et encore moins la caissette !) dans la nature, donc nous nous sommes souvent retrouvés un peu embêtés… A cours d’eau potable et le réservoir d’eaux usagées à plein. Ce n’est pas l’idéal de rouler à plein, le véhicule est plus lourd, il consomme davantage et le pire des scénarios, il déborde par l’intérieur quand on roule dans un trou, dans les montées ou les virages serrés (c’est du vécu, beurk bonjour l’odeur !). Après s’être faits avoir deux ou trois fois, la règle d’or était : on vide / remplit dès que l’occasion se présente, même si nous pouvions tenir quelques jours supplémentaires.
L’accès à l’eau potable n’était pas aussi facile que prévu, notamment en Suède. Comme les canalisations gèlent plus de la moitié de l’année, il y en a très peu en extérieur en accès libre. L’eau des cimetières n’est pas systématiquement potable donc nous ne prenions pas le risque. Souvent, il nous a fallu nous approvisionner dans les campings (en payant la nuitée bien entendu). Lorsque nous avions le temps, nous, enfin plutôt Nico, faisait les allers-retours au véhicule avec les bidons. Pour remplir un réservoir de 100L, l’exercice est plus efficace qu’une séance de musculation !
Nous devions régler le stationnement payant grâce à une application. C’est très pratique car traduit en plusieurs langues. Nous pouvions rallonger le temps de stationnement à distance lorsque la visite durait plus longtemps que prévu ou au contraire, le raccourcir. Certains parkings sont équipés de caméras qui enregistrent systématiquement les plaques d’immatriculation avec l’heure d’arrivée et de départ du parking. Et on reçoit la note à la fin. Nous en avons reçu une, deux mois après notre séjour en Suède !
Enfin, les bouteilles de gaz. Ces fichues bouteilles de gaz qui ne sont pas compatibles avec notre système de tuyauterie français. Il existe des adaptateurs, dont nous ferons l’investissement la prochaine fois. Vers la fin du séjour, la jauge du gaz baisse dangereusement. Nous avions deux bouteilles, mais la première avait rendu l’âme à peine la frontière allemande franchie, sinon c’est trop facile. En Allemagne, les bouteilles ne sont pas compatibles non plus. Nous fonctionnions donc sur une seule bouteille, à priori pas complète… Mais de combien, nous n’en avions aucune idée car le capteur ne fonctionne plus. Note à nous-mêmes : réparer le capteur. Donc, environ une semaine avant la fin du voyage, la deuxième bouteille rend son dernier souffle… Continuer sans gaz signifie : plus d’eau chaude et plus de chauffage (ouf en été nous n’en avions pas l’utilité), mais surtout, plus de plaque de cuisson ni de réfrigérateur. Ces deux derniers points étant nettement plus embêtant dans l’organisation. Au bout de quelques jours de thon-maïs, pain de mie, compote, nous n’étions pas mécontents de rentrer chez nous pour retrouver une vraie cuisine toute équipée et de bon aliments locaux et frais !

Le matériel
En dehors du matériel de base évident, nous avons noté quelques idées d’équipements plus atypiques à emporter lorsque nous y retournerons :
- Bandeau pour les yeux ou rideaux occultants. Pour avoir un sommeil de meilleure qualité, car il fait nuit à peine 2-3h, voire même pas du tout au nord du pays.
- Matériel de sport : club de mini-golf, paddle, kayak, vélos. Il y a des mini-golfs quasiment dans chaque ville. Le soir ils sont en libre accès, c’est une activité sympa à faire pour occuper les longues soirées d’été. Le pays se prête beaucoup à la circulation à vélo. A chacun d’évaluer le rapport utilité / encombrement selon son attrait pour l’activité et son mode de voyage. Et enfin, il y a des lacs absolument partout. Nous avons regretté de ne pas avoir un kayak ou paddle gonflable pour profiter pleinement du lieu.
- Matériel de pêche. Si vous aimez la pêche, la côte ouest suédoise se prête beaucoup à cette pratique. Sinon on peut tout acheter sur place. Les enfants ont passé des heures à pêcher des crabes, une belle découverte pour eux !
- Combinaisons de baignade. On peut se baigner partout, mais l’eau est souvent froide ! Si les suédois rentrent dans le lac comme dans un jacuzzi, nous aurions apprécié des combinaisons en néoprène pour profiter davantage dans l’eau.
- Vêtements et accessoires intempéries. En été, nous avons eu absolument tous les climats. Nous passions tantôt de la tempête de pluie glacée, à des journées très chaudes sous un soleil resplendissant, puis à des rafales de vent qui auraient pu déraciner un arbre. La nuit, il a fait chaud certains jours, et nous avons bien supporté nos duvets d’autres, notamment fin août. Il faut donc prévoir des vêtements 4 saisons et bien s’équiper pour la pluie.

La gastronomie scandinave
Danemark : nous n’avons pas été marqués par la gastronomie danoise, cependant nous avons pris plaisir à prendre nos petits déjeuner avec leurs pains briochés aux graines de nigelle. C’est un pain plutôt atypique mais vraiment bon. Il a fait l’unanimité dans la famille. Ensuite, nous avons goûté quelques produits locaux à base d’algues et de produits de la mer.
Suède : il n’y avait pas d’autres options, c’étaient les petits pains polaires quasiment matin, midi et soirs tous les jours ! Tout le monde a adoré cette spécialité, surtout accompagnée d’une garniture de la mer (crevettes, saumon, thon…) et de laitue et crudités hummm. Nous avons osé le jambon en tube mais même avec de la bonne volonté nous n’avons pas pu en venir à bout. Côté sucré, nous avons un peu abusé des petits pains à la cannelle et de la confiture d’airelles au petit déjeuner. Et l’incontournable des enfants : le candy day ! Le samedi c’est le jour des bonbons en Suède. Les enfants (et même les adultes !) vont remplir leur petit sachet dans les magasins et c’est le seul jour où ils peuvent manger des bonbons. Sans surprise, ils ont adoré cette tradition !

Avec les kids
Nous nous répétons, mais quel bonheur de voyager avec de jeunes enfants dans les pays scandinaves ! Il y a beaucoup de respect et de bienveillance envers ces derniers. Les infrastructures de jeux ou sportives sont nombreuses et adaptées aux familles. De même dans les restaurants, toilettes publiques, centres commerciaux… Ainsi quel que soit l’âge, quel que soit le lieu, quel que soit le nombre d’enfants, ils ne sont pas seulement tolérés mais intégrés et appréciés. Ils passent leurs journées en extérieur et profitent des bienfaits de la nature et du plein air, quelle que soit la saison et la météo. Si on devait retenir une leçon de nos voisins nordiques : il n’y a pas de mauvais temps, que des mauvais vêtements ! Et, coïncidence ou pas, c’est le peuple le plus heureux du monde paraît-il…







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