Nous arrivons dans le pays basque espagnol dans toute sa splendeur ! Les menus en langue basque, les mots imprononçables avec des z et des x partout, des traditions culturelles très présentes, son architecture mauresque, sa gastronomie atypiques et très appréciée (les pinxtos), un nationalisme à toute épreuve, bref une identité à part entière ! Leur langue (euskera) est l’une des plus anciennes langues européennes encore parlées aujourd’hui. Ils se sont battus plusieurs décennies, par des moyens discutables, pour obtenir leur indépendance. En 1979, ils obtiennent la reconnaissance de l’identité basque ainsi qu’une relative autonomie économique et politique. L’ETA (organisation séparatiste basque espagnole), qui a mené cette lutte armée et causé beaucoup de morts sur le sol espagnol, n’a été complètement dissolue que très récemment, en 2018.

La Cascade du Nervion

Pour ceux qui ont suivi, nous arrivons sur le parking de la cascade du Nervion après notre journée dans le désert, suivie de deux longues heures de route. Nous pensions nous détendre la soirée au calme en pleine nature au soleil couchant, mais nous avons passé la soirée à secouer la poussière du désert qui s’est incrustée dans chaque recoin, chaque tiroir, chaque taie d’oreiller, jusque sur les brosses à dents ! Aguerris des imprévus en voyage, celui-ci n’étant pas si dramatique, nous l’avons pris à l’autodérision et en avons profité pour faire un grand rangement et ménage pendant que les enfants construisent une cabane.

Ils sont à fond, ils jouent tous les trois, chacun a une mission. Bien sûr, c’est la mini de 12 kg qui porte les bûches de bois plus grosses qu’elle mais nous ne nous mêlons pas de leur organisation. C’est l’expérience qui forge le caractère ! Mais comme une catastrophe n’arrive jamais seule, nous dînions à la fraîcheur du début de soirée lorsque je trouve un « pou » sur la tête de la mini. Panique à bord, si l’un de nous à des poux, avec l’inévitable proximité dans le fourgon ça va vite être l’invasion !

Nous n’avons pas de quoi traiter sur place, donc nous nous couchons un peu préoccupés mais on essaye de lâcher prise, puisque de toute façon nous ne pouvons rien faire sur l’instant.

Le lendemain, nous voilà partis pour la randonnée. La cascade du Nervion est la plus haute (220 m) de la péninsule ibérique. Le belvédère est accessible avec deux kilomètres de marche sur un chemin balisé, facilement accessible avec des enfants jeunes. Avec le retour, c’est une balade de quatre kilomètres. Si les garçons ont marché sans peine tout le long, la mini n’était pas trop décidée ce jour-là. Elle a marché l’aller et nous l’avons portée au retour.

Arrivés au mirador, énorme désillusion lorsque la cascade est complètement à sec ! Nous avions lu que ça arrivait souvent l’été, mais nous ne pensions pas que ce serait également le cas début avril. Toutefois, la balade est sympa, la vue est vertigineuse, donc nous ne regrettons pas notre petite escapade. Au moment de repartir, nous installons la mini qui ne veut plus marcher dans le porte-bébé, et là, il y a un point noir dans son dos. Je regarde de plus près, c’est la même bestiole que j’ai trouvée la veille sur sa tête. Donc, voyons le bon côté des choses, l’invasion familiale de poux ce n’est pas pour tout de suite. Mais la mauvaise nouvelle, c’est qu’en jouant dans la forêt avec le bois la veille, ils ont ramené des tiques ! Inspection générale en haut de la cascade, tout le monde en slip, les bras en l’air et on vérifie chaque recoin ! Heureusement que le lieu n’est pas très fréquenté à cette période, car la scène devait être étonnante vue de l’extérieur. Nous en avons retrouvé quelques-unes sur trois des cinq membres de la famille, par chance elles étaient encore toutes petites et nous les avons enlevées rapidement. Après quelques recherches, il s’avère que cette région d’Espagne est très touchée par les tiques. A l’heure où j’écris, ce malheureux épisode s’est produit il y a plus d’un mois et aucun signe de la maladie de Lyme, donc nous sommes rassurés. C’est la première fois que nous y sommes confrontés, alors avec cette expérience de plus au compteur, nous nous méfierons davantage des constructions de cabanes dans les espaces humides et boisés ! Et toujours avoir une pince à tiques et une pince à épiler sur soi en balade.

Bilbao

Après cette parenthèse nature, nous arrivons dans notre première vraie agglomération : Bilbao. La ville est grande, il y a des routes qui se croisent partout, beaucoup de circulation. Le contraste est rude. Nous avons beaucoup de mal à trouver un endroit où stationner. Nous cherchons juste un emplacement pour quelques heures, le temps de visiter la ville, même pas pour dormir. Et malgré cela nous avons tourné plus d’une heure : entre la circulation dense, les ruelles étroites, les passages limités en hauteur, les pentes à plus de 10%… un vrai casse-tête ! Park4night ne nous est pas d’une grande aide. Pour la première fois, nous avons failli abandonner, même si nous avions vraiment envie de visiter Bilbao.

Sans conviction, nous roulons vers une dernière tentative repérée sur Google Maps, proche d’un parc excentré qui a une station de métro à une dizaine de minutes de marche. Nous trouvons enfin une place, pas vraiment adaptée à notre gabarit, pas vraiment dans un lieu qui donne confiance… Mais ce n’est pas comme si nous avions le loisir de faire les difficiles. On laisse le fourgon bien fermé avec le bloc-volant, on embarque avec nous dans le sac-à-dos nos objets de valeurs, et c’est parti pour la visite de Bilbao !

Malgré cette arrivée épique, nous passons un très bon moment, la ville est très agréable à visiter. La chaleur printanière espagnole y est pour beaucoup également. Les maisons colorées, la vieille ville, les quais qui longent le Nervion, le musée d’arts Guggenheim (que nous n’avons vu que de l’extérieur), les ruelles de boutiques et de bars à pintxos … Bilbao est très animée ! Nous avons tout visité à pied sans épargner les petites jambes qui avaient déjà fait une randonnée le matin même. Comme d’habitude ils ont assuré !

Pour féliciter la petite tribu des 25 000 pas effectués dans la journée, et de suivre leurs parents dans leurs expéditions presque sans râler, nous leur offrons des tapas (pintxos en basque) bien mérités, dans un bar local et typique. Brochettes, croquettes, tartines, tortilla… Sans surprise, ils ont adoré !

Il est plus de 21 heures, mais nous reprenons la route car il n’est pas envisageable de dormir là où nous sommes stationnés. Nous avons repéré une petite pépite au calme à une vingtaine de minutes de route. On espère que le site est autorisé et que l’emplacement sera adapté pour y passer la nuit.

Château de Butron, à Gatika

Direction Gatika, pour une nuit au pied du château de Butron. Il s’agit d’une forteresse néo-gothique d’origine médiévale déclarée patrimoine historique, d’une surface de 2400 m². Il est situé sur une colline dans une zone boisée à côté d’un petit cours d’eau. Le réveil dans la brume, en face des palmiers mêlés à la forêt centenaire environnante confèrent au château cette atmosphère mystique, romantique et pittoresque. Parfait pour une nuit fraîche dans le calme absolu. Les seigneurs de Butron, exerçaient leur pouvoir sur la région, abrité par la forteresse. Avant d’être un château, c’était la résidence de la famille Butron, une maison-tour érigée au 11ème siècle. Ce n’est qu’à la moitié du 13ème siècle qu’elle fut transformée en château. Ce dernier fut abandonné entre le 16ème et le 19ème siècle. Il subit une grande détérioration durant cette période. Il fut restauré une première fois en 1878 par Francisco de Cubas, lui donnant son architecture actuelle, atypique pour la région. Pour l’instant, il n’est pas possible de visiter le château, il est en rénovation après avoir été à l’abandon plusieurs décennies, faute d’acquéreurs. Il était néanmoins, intéressant de voir la différence entre la partie « ancienne » envahie par la végétation et les pierres noircies par le temps, et la partie rénovée, propre et dégagée, dont la limite est très marquée.

Plage de Bakio

La tant attendue arrivée à l’océan ! La jolie plage de Bakio, en Biscaye, est l’étape parfaite pour faire le plein de soleil, d’air marin, de détente. Elle est réputée pour le surf, nous avons pu observer un moment des espagnols s’adonnant à la pratique, ce qui n’a pas déplu aux enfants. Mais ce qui a eu le plus de succès, c’est de tomber les chaussures, puis les vêtements un par un, pour finir trempés dans les vagues de l’océan Atlantique !

La plage est longue de 1 km, la plus longue de la côte biscayenne, composée de sable doré, de falaises et formations rocheuses autour. Elle est réputée pour la propreté de son eau. A l’une de ses extrémités, se jette une rivière, l’Estepona, et à l’autre extrémité un petit canal. Après quelques heures de jeux, de sauts, de trous dans le sable ainsi qu’un bon pique-nique composé de charcuterie basque et quelques crudités pour se donner bonne conscience, nous reprenons la route vers un lieu d’exception original.

Monastère de San Juan de Gaztelugatxe

San Juan de Gaztelugatxe est un monastère perché au sommet d’un îlot. Ce lieu idyllique entre mer, vent et rochers est un incontournable du pays basque. La légende préconise de toucher trois fois la cloche de l’ermitage pour attirer la bonne chance et faire fuir les mauvais esprits. L’église actuelle n’est pas l’originale. Elle a été détruite et reconstruite plusieurs fois au fil des siècles (incendies, guerre, assauts de pirates…). Le premier ermitage aurait été construit au 9ème siècle.

Nous voilà lancés à l’assaut de 241 marches en pierres, et une pente à 15% : environ 4 kilomètres aller-retour. La vue se mérite ! Pour accéder à l’îlot, nous marchons le long d’un chemin de pierres aux allures de mini muraille de Chine. C’est magnifique. Au prix d’un bel effort pour les petites jambes, nous atteignons le sommet et profitons de la vue spectaculaire sur la mer Cantabrique, les falaises, les tunnels, les grottes, les arcs creusés dans la pierre par la force des vagues… Et sous un soleil flamboyant et un ciel bleu sans nuage. La récompense est à la hauteur de l’effort. Gaztelugatxe est une merveille de la nature, qui mérite d’être connue.

Une petite glace au bout du chemin et on reprend la route vers notre dernière étape !

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