Présentation : ANAEI
Notre famille c’est Alex et Nico, et leur trois petits baroudeurs en herbe (A, E et I). Tu l’as compris, pour le nom de notre site, nous n’avons pas cherché bien loin !
Nous avons 34 et 37 ans. Nos deux garçons sont nés en 2017 et 2018, et notre fille est née en 2021. Une petite tribu complice, pleine d’énergie et de joie de vivre, qui est impatiente de découvrir les richesses de notre monde.

Nos premiers pas au Canada (2017)
Lorsque A avait 4 mois, nous sommes partis au Canada. Un seul enfant, qui ne marche pas encore, qui ne parle pas encore, qui dort en poussette, qui dort en porte-bébé… Le voyage fut si facile, l’expérience fut tellement positive, à cet instant nous en étions sûrs, avoir des enfants ne nous empêcherait pas de poursuivre nos rêves de découverte du monde ! Dans cet élan d’optimisme, quelques mois plus tard, nous achetons un Trafic que nous aménageons (très) sommairement pour y dormir tous les trois et continuer nos périples en France et en Europe.

Les débuts en Slovénie (2018)
Mais la réalité du voyage avec un bébé plus grand nous rattrape vite et nous sommes forcés d’admettre que notre premier road trip en van en Slovénie fut un désastre. Le mini n°1 avait donc 17 mois. Et j’étais enceinte d’environ 6 mois. Il ne supportait plus le porte bébé. Il courait partout. Il ne dormait plus pendant les trajets en voiture. Il faisait de longues siestes tous les après-midi.
Nous avons dû repenser notre rythme, la nature de nos sorties, les lieux où stationner la nuit, les horaires, où et quand prendre les repas…
Et abandonner l’idée de dormir au bord d’une jolie rivière jusqu’à 9h du matin, oublier les petites pauses rafraîchissantes en terrasse après une bonne randonnée, oublier les repas de la flemme chips crudités à 14h, limiter les sorties sur la journée complète…
Ce jour-là, on l’a compris, si on veut continuer à voyager, on doit voyager différemment. Ce fut conflictuel et éprouvant moralement comme physiquement, mais on ne baisse pas les bras !

Allemagne en van (2019)
Quelques mois plus tard, le mini n°2 a rejoint la team. Et nous sommes partis avec le Trafic, en Allemagne (forêt noire), avec deux bébés de 2 ans, et 6 mois. Dans un véhicule aménagé seulement d’un lit à déplier tous les soirs : pas de toilettes, pas de douche, cuisine mobile de camping, des caisses d’affaires partout. Et malgré l’aménagement minimaliste et l’effectif de la tribu en hausse, nous étions bien plus organisés et à l’écoute du rythme des enfants et leurs envies. Pas de visite sur le temps de sieste. On alterne une nuit sur deux dans un camping avec des jeux et piscine. On se déplace sur de plus petites distances. On reste plus longtemps au même endroit. On étudie à l’avance la difficulté des balades et l’accessibilité aux poussettes. On trouve notre lieu pour la nuit avant 17h, et dans un lieu adapté à des petites jambes qui ne demandent qu’à courir avec insouciance dans tous les sens. On se couche tôt. Et on se lève tous (très) tôt. Ce n’était pas la manière de voyager que nous imaginions quand nous avons acheté et aménagé notre Trafic, mais on a trouvé les bons compromis entre nos besoins d’évasion et les besoins affectifs et physiologiques de nos enfants. Ce qui impacta positivement tout le déroulé du voyage. Nous voilà reboostés, on est confiants et plein de projets en tête pour la suite.
France (2020, 2021)
Mais la suite… nous sommes en 2020 ! Et qui dit 2020, dit on met sur pause tous nos projets de découverte du monde. Une période hors du temps et pas facile tous les jours, mais qui nous a permis de passer du temps de qualité en famille. De faire une pause dans l’effervescence du quotidien. De redécouvrir notre belle Provence. De vivre lentement. De voir grandir nos enfants. De repenser nos priorités et de comprendre à quel point, les moments simples du quotidien, en compagnie des gens qu’on aime, sont essentiels.
La famille s’agrandit et le fourgon aussi (2021)
La mini n°3 débarque dans nos vies fin 2021. Et c’est un bébé tellement facile à vivre. Elle dort bien, elle mange bien, elle ne pleure presque pas, elle est en bonne santé. Elle trouve facilement sa place au sein de notre famille et ses frères l’adorent. Notre rythme ne change presque pas, les garçons sont heureux d’avoir une petite soeur, et les parents sont à peine fatigués. Tous les voyants sont au vert pour envisager l’avenir sous ses plus beaux auspices. On troque le Trafic contre un fourgon plus grand et plus confortable, et à nous l’aventure ! A cet instant, nous avions des projets plein la tête, et la tête dans les nuages…

Quand le destin s’en mêle, ou un chauffard de 95 ans (2022)
Mais le bonheur est de courte durée, puisque l’univers décide de tester notre endurance et nos limites cette année-là. Les épreuves s’enchaînent les unes après les autres, tels les 12 travaux d’Hercule. Chaque mois, un évènement ou une nouvelle éprouvante s’est abattue sur notre famille.
L’épreuve la plus foudroyante s’est produite ce fameux 18 avril 2022, et elle n’avait rien d’une hydre ou d’un taureau crétois. Pourtant c’est le combat le plus difficile que notre famille a eu à surmonter de toute notre vie. Il ressemblait davantage à un mastodonte à quatre roues roulant à vive allure, à des secondes de sidération qui durent une éternité, au bruit déchirant du craquement d’une poussette, des cris, des pleurs, des sirènes hurlantes, des inconnus en uniforme, un petit pyjama tâché de sang découpé aux ciseaux, un hélicoptère, des camions rouges, du personnel en blouse blanche. Depuis les premiers mois de notre convalescence, j’ai gagné quelques batailles, et j’en ai perdu d’autres, mais je ne m’avoue pas vaincue pour venir à bout de cette guerre intérieure entre mon cerveau et moi-même, communément nommée le syndrôme de stress post traumatique.
Le chemin de la guérison est long, il n’est pas encore terminé, mais nous avons encore de la ressource pour résister. Ce tragique évènement a laissé pour toujours des traces indélébiles sur son petit corps comme dans nos cœurs. Il nous a volé presque deux ans de notre vie, durant lesquels notre quotidien s’est organisé autour de ce traumatisme et de toutes les conséquences (physiques, psychologiques, familiales, sociales, organisationnelles, professionnelles et financières) qu’il implique. Mais nous avons la volonté de nous en sortir, de retrouver l’harmonie familiale que nous avions avant qu’elle ne vole en éclat, d’offrir à nos enfants un avenir plus heureux et une vision de la vie pleine de bienveillance, d’espoir et d’optimisme. Alors nous prenons une décision…
Apprendre à danser sous la pluie (2023)
Contrairement à l’année terrible qui vient de s’écouler, 2023 est placée sous le signe de l’ambivalence. Elle est à la fois douce et intense. Triste et heureuse. Décevante et gratifiante. Avare et généreuse. Optimiste et décourageante.

Ces montagnes russes émotionnelles nous auront fait avancer et reculer plusieurs fois. Mais l’instant est venu d’accepter ce qui nous est arrivé. D’accepter de vivre avec et de ne plus lutter contre notre histoire. Cette étape de résilience va changer notre façon de vivre et de penser, de nous projeter dans l’avenir et nous donner la force de réaliser un de nos rêves, celui de partir fouler les routes du monde pendant plusieurs mois. Alors que mon état de santé est fragile, que les enfants sont encore très jeunes, que les finances sont au plus bas, nous déposons nos demandes d’absence respectives auprès de nos employeurs. Contre vents et marées. Car nous savons mieux que personne que ce qui existe aujourd’hui, peut disparaître demain.
Quelques mois plus tard, le retour est positif. C’est un signe, on doit partir. Nous partirons donc en Asie du Sud-Est l’année suivante.
L’année est ponctuée de doutes, de remises en question, et d’inquiétudes liées à ce départ. Quand on souffre d’anxiété au quotidien et qu’on lutte contre un trauma important, sortir de son univers sécuritaire est un effort qui mobilise chaque cellule de son corps et ce, à tous les instants du jour et de la nuit. Les professionnels de santé qui me suivent, et sans qui je n’en serait pas là aujourd’hui, sont favorables à ce projet. Cette aventure en famille pourrait s’avérer être la pièce manquante du puzzle, celle qui pourrait me reconnecter définitivement à l’instant présent.
La lumière au bout du monde (2024)
2024 commençait un lundi. Début de semaine, début d’année, début de mois. Les compteurs étaient à zéro. C’était un nouveau cycle qui commençait. Elle était prometteuse et s‘annonçait différente de tout ce que nous avions pu vivre jusqu’à aujourd’hui. Nous mettions beaucoup d’espoir dans cette aventure, le tunnel a été long et périlleux mais en ce début d’année, on le sentait, la lumière était à notre portée, il ne tenait plus qu’à nous d’aller la trouver.

Nous sommes convaincus que les choix que nous avons faits cette année, vont avoir un impact sur le reste de notre avenir. C’est comme si nous étions à un carrefour de notre vie et que nous allions emprunter le mauvais chemin. Le destin nous a alors envoyé des signaux. Des évènements difficiles à vivre sur l’instant, qui ont bousculé nos habitudes, nos croyances, nos certitudes, faisant voler en éclats tous nos repères. Comme si un ouragan était passé plusieurs fois au même endroit la même année. Presque tout était à reconstruire, et pendant deux ans, nous avons posé les briques les unes après les autres. C’était long et épuisant puis nous avons décidé de bifurquer, changer notre itinéraire et les planètes se sont alignées. Il y a eu des sacrifices en chemin, mais nous sommes en accord avec nos valeurs et ce que nous souhaitons dans notre vie pour être épanouis.
Un jour j’ai lu une phrase, qui n’a jamais quitté mon esprit :“ La douleur partira lorsqu’elle aura fini de t’enseigner“. J’ai compris que la douleur que l’on ressent à une période donnée, n’est pas là pour nous détruire. Elle est là pour nous transformer.
Le bilan de cette année est sans appel. Les bons moments que nous avons vécus ont été nombreux et très intenses. Nous avons expérimenté toute la palette d’émotions positives et à tous les degrés : amour, amitié, gratitude, fierté, complicité, serenité, joie, espoir, émerveillement…
Partir treize semaines en Asie du Sud-Est, par nos propres moyens et sans filet de sécurité, loin de notre famille, nos repères, notre culture, notre climat, nos habitudes culinaires et avec nos trois minis de 2 à 7 ans a été l’expérience la plus extraordinaire que nous avons vécue. Non pas que tout a toujours été facile, mais chaque difficulté nous a permis de repousser nos limites. Et nous en avions besoin. Aujourd’hui, nous nous sentons beaucoup plus solides et sûrs de nous pour réaliser nos rêves.
Enchaîner avec sept semaines en Scandinavie en fourgon, nous a offert un bol d’air pur, de nature et de serénité. Nous avons volontairement choisi cette destination après la tumultueuse et trépidente Asie, pour vivre des expériences opposées à l’extrême en tout point (climat, relations, culture, paysages…)
Organiser un évènement familial qui rassemble des personnes qu’on apprécie a également été l’un des points forts de notre fin d‘année. Cela fait des années, que nous en avions envie, mais nous n’osions pas nous lancer ou bien nous nous disions que nous avions le temps… Mais si nous avons appris une chose ces dernières années, c’est que nous n’avons pas le temps. La vie peut basculer du jour au lendemain. Alors nous nous sommes lancés, pas très sûrs de nous. Et quelle belle journée ! Nous avons passé un moment chaleureux, riche en émotions et dans une ambiance conviviale. Nous avons adoré revoir des membres de la famille que nous n’avions pas vus depuis longtemps, fédérer, partager, même rencontrer… Et voir les gens heureux ! Nous réfléchissons déjà au prochain évènement que nous organiserons, car pourquoi se priver de ces moments précieux ?
Bien sûr, il y a eu quelques moments d’ombre, mais à côté du soleil qui brillait de toute sa puissance, cette fois, ils n’ont pas pris le dessus. Ou peut-être que, endurcis de notre expérience, nous ne les avons pas laissés obscurcir la lumière que nous nous sommes donnés du mal à retrouver.
2024 a donc tenu ses promesses au delà de nos espérances. Nous abordons l’avenir avec beaucoup d’espoir et de sérenité, nous savons ce que nous voulons et surtout ce que nous ne voulons plus. Nos priorités ont changé et nous chérissons encore plus les moments entourés de nos proches. A présent, nous ne nous entourerons que de personnes qui nous font nous sentir bien, qui partagent nos valeurs, et dont la relation est réciproque.
Nous avons mis en suspend nos activités professionnelles pour voyager cinq mois cette année. Et paradoxalement, 2024 est l’année où nous sommes devenus riches ! Riches d’enseignements, d’émotions, de rencontres, d’expériences et de souvenirs… Une richesse qui ne se convertit ni en euros, ni en couronnes, ni en baths. Une richesse que l’argent ne peut pas acheter.
Le calme avant l’aventure (2025)
Même si notre expérience en Asie nous a donné des envies d’ailleurs, nous prévoyons une année 2025 plus tranquille avec des séjours plus simples à organiser, plus courts et (à priori) moins loins. Et pour cause, dans la famille l’un a changé de poste, l’autre est en reconversion professionnelle, il nous faut fixer quelques questions de santé et surtout nous nous réservons pour un projet de plus grande ampleur prévu l’année suivante. Reculer pour mieux sauter !
D’autre part, cette année, nous avons plutôt envie de nous fixer des objectifs sportifs (enfants et parents!). On en parlera en temps voulu !




