J8 – J9 : le train de nuit de Bangkok à Surat Thani
Pour rejoindre le sud du pays, nous faisons le choix de prendre un train de nuit, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, passer une nuit dans le train, c’est une nuit d’hôtel en moins dans le budget, et du temps en plus en journée pour visiter (en théorie). D’autre part, sur de longues distances, prendre le train est le moyen de transport le moins cher en Thaïlande (et on a compris pourquoi, mais je ne dévoile pas tout de suite les détails croustillants de l’histoire !). Environ 35€ pour 5 personnes, pour 11h de trajet, difficile de concurrencer. De plus, c’est un des moyens de transport les moins polluants et c’est en accord avec nos convictions. Enfin, c’est un moyen de se déplacer très utilisé par les thaïlandais, et le but de ce voyage est avant tout de s’immerger dans la culture du pays. Et là, niveau immersion on était plutôt servis.

On est du genre « réservation de dernière minute », mais ce train nous l’avions réservé au moins 3 semaines avant notre départ en Thaïlande. Car nous étions sûrs que nous voulions aller directement dans le sud du pays après Bangkok. Et nous recevons un mail la veille de notre départ de Marseille, que notre réservation, à savoir 5 places en wagon couchettes, est annulée car le train est complet. Ok, on n’est pas encore partis mais on est déjà prévenus, en Thaïlande, tu réserves, tu payes, tu t’organises en fonction, et 3 semaines plus tard on t’annonce qu’en fait tu n’as plus de moyen de transport pour rejoindre ta deuxième étape. On accuse le coup, on a quelques jours pour réfléchir à un plan B. Mais nous persévérons à vouloir visiter le sud, ses plages, ses îles… Donc on refait une réservation, sur le même train, mais cette fois en classe économique (je dirais même la classe éco de la classe éco). Après tout, même si ce n’est pas très confortable, ce n’est qu’une nuit.
Pour éviter les mauvaises surprises, on réserve rapidement le mini-van qu’on prendra juste après le train pour rejoindre Khao Sok. Et Nico nous fait une Nicolade, sa spécialité, il réserve le mini-van en se trompant de jour. Annulation, remboursement et changement de date impossibles bien sûr.
L’organisation du premier transfert est donc d’ores et déjà un peu chaotique. Après avoir échangé avec une famille française avec 3 enfants, qui voyage en Asie depuis plusieurs mois, on envisage la voiture de location pour visiter certains lieux en Thaïlande, dont le sud et trouver des coins sympas hors des sentiers touristiques. Le tarif plus élevé des mini-vans multiplié par 5 personnes, cumulé aux contraintes horaires, les contre-temps de réservations, les temps de transfert 2 fois plus longs… nous font opter pour cette option. Donc c’est décidé, à Surat Thani, on récupèrera une voiture de location pour rejoindre Khao Sok et visiter librement et à notre rythme cette jolie région.

20h30. Le train démarre. Les ventilateurs rouillés au plafond tournent à plein régime, les fenêtres (et même les portes !!!) sont grandes ouvertes en roulant. Les banquettes en plastique sont dures comme la pierre. Les wagons sont éclairés comme en plein jour. Il fait chaud, il y a du monde, les marchands ambulants passent dans les wagons en criant… On est direct dans l’ambiance.

Les enfants sont ravis, ils ont la tête à la fenêtre, ils regardent défiler le paysage dans la nuit. Ils finissent par s’allonger chacun sur une banquette et tombent rapidement dans les bras de Morphée. Le train roule, 30 min, 1h, 2h… Et je comprends ! Je comprends qu’il s’arrête à toutes les gares entre Bangkok et Surat Thani. Soit toutes les 20-30 min, en faisant crisser les freins dans un boucan d’enfer. Je comprends que la lumière ne va pas s’éteindre de tout le trajet. Je comprends que les banquettes vides en face de nous (les seules du wagon, on a eu de la chance), sont susceptibles de ne plus l’être à chaque arrêt dans une gare. Que le suspense de savoir si vous allons devoir réveiller les enfants, pour libérer les places, va durer toute la nuit.

On sait que nous les parents, on va passer une nuit compliquée donc je décide de m’asseoir au sol à côté des enfants qui dorment confortablement installés sur les banquettes. Pour essayer de dormir en position assise mais en élongeant mes jambes. Je somnole quelques minutes à peine, peut-être aurais-je réussi à vraiment me laisser aller au sommeil si Nico ne m’avait pas lâché le plus naturellement du monde : « Tu as fait exprès de t’asseoir à côté du gros cafard ? » Alors je tourne la tête et effectivement à quelques centimètres de mes pieds, un cafard de la taille de mon pouce était lui aussi confortablement installé pour sa nuit. Alors, inutile de préciser que non, je ne me suis pas assise volontairement à côté de lui. Je me suis levée comme un ressort et là, la nuit était terminée pour moi. Il était environ minuit. Plus que 7h…

En s’enfonçant dans la nuit, la température est descendue de plusieurs degrés. A tel point, que nous avons fini vraiment frigorifiés. Tous les passagers thaïlandais étaient en pull et jean. Ce détail aurait pu me mettre la puce à l’oreille au moment du départ. Nous avons quelques vêtements chauds dans les sacs. Mais vu les températures auxquelles nous avons été confrontés depuis notre arrivée, ils sont rangés au fond du sac, celui qui n’a pas d’ouverture ventrale bien sûr. Et comme mon sac de 23 kg est rangé au-dessus de la tête d’un moine qui dort, je ne me risque pas à tenter de le descendre et en sortir l’intégralité des affaires pour atteindre ces fameuses polaires. J’arrive quand même, à extirper les 3 duvets, qui, par chance étaient rangés dans les poches latérales, que nous donnons aux enfants à moitié congelés sur leur banquette. Et nous, nous comptons les heures avant d’arriver. On a tout de même réussi à sortir un k-way que l’on se passe à tour de rôle. Un k-way pour deux, pas l’idéal, mais mieux que rien ! En vérité, ce n’était pas facile, mais on l’a pris avec beaucoup d’autodérision, on savait dès le départ que ce trajet serait compliqué et on l’avait réservé quand même. Et surtout, nous mesurons à quel point nous avons eu de la chance, d’avoir les banquettes à face de nous libres, ce qui a permis aux enfants de dormir l’intégralité du voyage. De 22h à 7h. On a même dû (difficilement) les réveiller à quelques minutes de sortir du train. La nuit aurait été autrement plus éprouvante, si en plus, ils n’avaient pas pu s’allonger et passer la nuit assis, à côté d’un inconnu, sans vraiment pouvoir dormir de manière continue.
J9 – 7h16 – Arrivée à Surat Thani, et ce n’est pas fini
Le train entre en gare, enfin cette nuit interminable est derrière nous. Les enfants ont tellement bien dormi qu’ils courent partout, sont excités, nous posent 1000 questions sur ce qu’on va faire, où on va dormir, quand est-ce qu’on prend le petit déjeuner, comment on va à notre prochain hôtel… On est (très) fatigués mais on fait bonne figure. Il faut encore rejoindre l’aéroport, pour récupérer la voiture de location.
On contacte l’agence de location et là c’est la douche froide. Elle ne sera finalement pas disponible aujourd’hui… On est toujours assis sur le quai de la gare. Il n’y a rien sur place pour prendre un petit-déjeuner aux enfants qui ont faim, on a dû mal à réfléchir et à prendre du recul à cause de notre nuit blanche. On perd un peu le contrôle de la situation. On tourne en rond, on s’agace, on tergiverse. Au bout d’1h, on décide de rester une nuit à Surat Thani, pour attendre notre voiture. On perd une journée sur le programme, mais ce n’est pas très grave sur un séjour de plusieurs mois. Pour éviter les allers-retours en taxi, on contacte l’hôtel le plus proche de l’agence de location, à savoir à côté de l’aéroport. Donc, inutile de préciser que l’hôtel n’est pas ultra bien placé, il n’y a absolument rien à faire autour. Une supérette avec quelques produits mais vraiment pas grand-chose (chips, gâteaux, sucreries…). On essaye de relativiser, on se dit qu’on va en profiter pour récupérer de notre nuit et organiser un peu le séjour dans le sud. En mangeant des chips… On paye, on s’installe, on commence à déballer, et là nous avons des nouvelles de l’agence de location. Finalement, la voiture ne sera pas prête le lendemain mais deux jours plus tard. Là c’était l’information de trop pour cette journée. Le manque de sommeil, la chaleur, les gros sacs, une déshydratation pour moi et cette succession de contrariétés qui me poussent dans mes retranchements ont eu raison de moi. A cet instant, ni le corps, ni la tête ne fonctionnent. Je m’allonge « un peu » pour reprendre mes esprits, et je me réveille plusieurs heures plus tard. Pendant ce temps, Nico gère la petite tribu, et cherche une solution. Il prend les choses en main. Avec ces quelques heures de recul et de réflexion, on décide de ne pas rester à Surat Thani une journée supplémentaire pour attendre la voiture. On cherche un transport vers notre étape suivante, Khao Sok, mais la veille pour le lendemain tout est complet. Il faut repenser l’itinéraire dans sa globalité. La meilleure option que nous avons trouvée est de garder toutes nos étapes, mais en commençant par la fin et on prendra la voiture à Krabi. On réserve de justesse un mini-van pour le lendemain, direction, ce qui devait être notre étape finale, Koh Lanta. J’ai été un peu déçue de tous ces revirements de situation. On a perdu une journée entière à attendre un véhicule auquel nous avons finalement renoncé. Nous changeons notre itinéraire de sens, et je ne croiserai donc pas ma copine qui va dans le sud de la Thaïlande en vacances avec sa famille à la même période que nous. Mais bon ce sont les aléas du voyage. On apprend à rebondir face aux imprévus. A mieux anticiper. Et avoir un plan B sous le coude. Même si dans ce cas précis, je suis contente que nous n’avions pas encore réservé de logements, car si on avait dû batailler pour déplacer pour se faire rembourser 15 jours de réservations itinérantes, l’issue n’aurait pas été la même !

J10 le transfert de Surat Thani à Koh Lanta
La calme après la tempête. Tout se déroule pour le mieux.
- 8h : trajet en taxi jusqu’au lieu de RDV de départ des mini-van (agence Phantip).
- 9h : départ du mini-van vers Krabi. Les enfants sont calmes. Les 3h de trajet sont finalement 2h et ça passe très vite.
- 11h : arrivée à Krabi. On a 4h d’attente avant le départ du suivant. On trouve à manger, il y a quelques stands de street food. Les enfants jouent entre eux, ils courent un moment après les pigeons… C’est un peu long, mais tout se passe bien. Ils sont contents de se défouler sur les quais de la gare routière, et font l’attraction des thaïlandais qui les prennent en photo.
- 14h : départ du 2ème mini-van direction Koh Lanta avec 1h d’avance. Heureusement que nous étions sur place ! On note que les horaires des transports ne sont pas vraiment fiables.
- 16h : fin du périple, on arrive à Koh-Lanta et on s’installe dans notre nouveau logement pour 3 nuits, qui est, nous vous en parlerons dans le prochain article… plutôt atypique !
Et nous sommes ravis d’être là et super impatients de découvrir cette île !






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