C’est LE grand sujet de notre voyage, celui qui prend le plus de place dans notre quotidien. Sur internet ou dans les livres, il est possible de lire toutes sortes de témoignages sur la nourriture accessible à tous les coins de rue, l’hygiène irréprochable, l’immense variété de la cuisine thaïlandaise ainsi que sa qualité gustative, les tablées entières de plats pour quelques euros… Alors, je vais parler de notre expérience et je vais aller un peu à contre-courant cette fois-ci !


Je lève le voile sur la principale préoccupation : oui, la cuisine thaïlandaise est très bonne et on trouve des plats cuisinés très variés. Entre les pad-thaï dont nous avons largement abusé, les papaya salad (som tam), les soupes de nouilles diverses et variées, tous les plats à base de riz, viande ou poisson en sauce dont je n’ai absolument pas retenu le nom, et les snacks de street food à prendre « sur le pouce » comme les brochettes de poulet, les galettes de patate douce, les calamars frits, brochettes de saucisse, ainsi que les mets un peu atypiques comme les insectes, les vers grillés ou de la viande de crocodile…




Ou encore les desserts comme le riz gluant à la mangue et au lait de coco (khao niao mamuang) et je ne mentionne même pas les dizaines de fruits tropicaux mûrs à point. Il y a un éventail de choix très étendu. Et sur le plan gustatif, c’est toujours très bon. Du moment, où nous pensions à demander « not spicy » !




Je comprends tout à fait le point de vue des voyageurs qui disent que manger en Thaïlande est facile, bon, propre et pas cher… C’était également mon premier ressenti. Sauf pour le côté « propre » mais j’ai des exigences élevées en termes d’hygiène alimentaire. Cependant, la plupart de ces témoignages viennent de personnes qui restent dans le pays 2 ou 3 semaines pendant leurs vacances annuelles. Sur une période courte et occasionnelle, les problématiques ne sont pas les mêmes que sur plusieurs mois.


Pendant un court séjour, pour la plupart c’est LE voyage de l’année. Donc les excès, aussi bien financiers que diététiques sont bien mieux tolérés et n’ont pas les mêmes répercussions. Je suis effectivement, plutôt rigoureuse lorsqu’il s’agit de l’équilibre alimentaire et de la qualité nutritionnelle de nos repas. C’est d’autant plus vrai concernant les enfants. En vacances, très souvent je lâche prise, car comme je l’ai dit juste avant, c’est court et occasionnel. Mais dans notre cas, nous ne sommes pas vraiment « en vacances » mais en voyage plusieurs mois. C’est notre quotidien et non plus une exception. Et il s’est avéré, qu’une fois la phase « découverte » et « je veux goûter à tout » passée, le besoin de manger plus sainement se fait très vite ressentir. Et il se trouve que c’est beaucoup plus compliqué qu’on ne le pense. Pour manger à bas prix, comme en est réputée la Thaïlande, c’est de la street food. Les restaurants sont certes moins chers qu’en France, cependant manger tous les repas, donc 2 fois par jour au restaurant pendant plusieurs mois et à 5, demande tout de même une belle enveloppe. Quant aux stands de nourriture de rue, qui eux sont très bon marché, au début c’était un vrai blocage pour moi, j’avais peur que nous tombions malades, que les plats ne soient pas bien conservés ou contaminés…


Après quelques jours, j’ai accepté de tester lorsque le stand répondait à tous mes critères (team névrosée bonjour!), à savoir que le stand et le vendeur soient en apparences propres, qu’il ait un moyen de réfrigérer pour conserver ses aliments sur place, que les aliments soient cuits sur l’instant et pas laissés toute la journée au soleil en attendant qu’une victime daigne les acheter. Donc j’ai souvent fait ma relou, au moment de chercher à manger, mais nous n’avons jamais été malades. Sauf une fois un des garçons, mais comme nous avions tous mangé pareil c’est peu probable que ce soit la nourriture.


Ensuite, concernant la variété des plats, cela n’est vrai que dans les régions touristiques. Nous avons séjourné dans des coins plus reculés et éloignés des grandes villes, et trouver des plats cuisinés était vraiment une expédition chaque jour. Nous terminions d’ailleurs très souvent au même (et unique) stand de pad-thaï ou au Seven Eleven à acheter du pain de mie et du jambon pas bon et hors de prix. Donc non, on ne trouve pas de la nourriture à tous les coins de rue, partout en Thaïlande. Et même dans les régions touristiques, on peut affirmer que le choix est varié car il y a plusieurs stands (sur les marchés par exemple), et ils proposent chacun leur spécialité : poulet frit, riz frit, porc en sauce, nems, beignets en tout genre, samoussas, brochettes de patate frite, brochettes de saucisse, brochettes de poulet caramélisé, poisson frit…


Varié oui, mais n’y a-t-il pas un, ou plutôt deux, dénominateurs communs à tous les plats que je viens d’énumérer ? La viande et la friture. Tous, absolument tous les plats, contiennent soit de la viande, soit de la friture, et même très souvent la combinaison des deux. Il est extrêmement difficile, de trouver des stands qui proposent des légumes cuisinés, des crudités coupées, du riz blanc bouilli tout simplement. Nous ne sommes pas végétariens, mais chez nous, nous mangeons peu de viande. D’une part pour des raisons de santé, on la remplace par des protéines végétales, d’autre part pour des raisons écologiques. Et le peu de viande que nous mangeons, on essaye de la prendre de qualité. Là, nous avons mangé plus de viande en un mois que les deux années qui viennent de s’écouler. Pas vraiment par choix, mais quand on ne trouvait rien d’autre et que l’heure tournait, il fallait bien remplir les estomacs. Les enfants et Nico ne s’en plaignent pas bien sûr !



A Bangkok, c’était vraiment très facile. Nous avions un appartement équipé d’une cuisine. Et un centre commercial à quelques minutes à pied de la résidence. En général, nous mangions à l’extérieur le midi et nous cuisinions le soir. L’équilibre était bon : on pouvait goûter les spécialités qui nous faisaient envie le midi, et le soir on savait qu’on aurait la possibilité de manger plus sainement, avec des légumes, des crudités, du riz ou des patates cuits à l’eau etc… Mais dès que nous avons quitté Bangkok, nous n’avons séjourné que dans des chambres toutes simples. Parfois équipées d’un frigo et parfois pas. Mais jamais de cuisine. Donc il fallait prendre tous les repas en extérieur et limiter les courses car les mini-frigo des chambres d’hôtel ne peuvent pas contenir un grand volume. De toute façon, les grandes surfaces ce sont faites de plus en plus rares et les supérettes très peu fournies en produits frais. Dès cet instant, l’équilibre a été beaucoup plus dur à trouver.


Concernant les supermarchés, il existe plusieurs enseignes en Thaïlande. Les principales, où nous nous sommes ravitaillés sont :
TOPS : c’est ma préférée, les prix sont très corrects, on y trouve quasiment de tout, allant des produits frais, aux fruits et légumes, ils ont un rayon traiteur avec des plats cuisinés à emporter, l’épicerie sèche et les produits d’hygiène sont également bien fournis. On trouve aussi bien des produits locaux, qu’importés. Il y a du choix et pour tous les budgets. Il y a des Tops tout petits (supérette) et d’autres beaucoup plus grand type hypermarchés.
LOTUS : c’est une chaîne anglaise, elle est un peu plus chère que les Tops, mais elle a le mérite d’avoir de tout. Ils ont même un petit rayon boulangerie. En revanche, il n’y a pas de plats traiteur, prêts à consommer. Comme la précédente, on y trouve des produits locaux et importés. Il existe des toutes petites boutiques appelées les Lotus’fresh. Les grands Lotus ont également des rayons non alimentaires (multimédias, vaisselles, papèterie, jouets, linge de maison, électroménager…).
BIG C : c’est une enseigne du groupe Casino donc c’est celle où l’on trouve le plus de produits importés. Elle est un peu plus chère que les autres, mais beaucoup de produits nous sont familiers. Il y a les petites boutiques en ville qui s’appellent Big C mini, mais très peu de choix, et à peine différentes des Seven Eleven.
SEVEN ELEVEN : c’est l’enseigne que l’on trouve partout en Thaïlande. Quasiment dans chaque rue, au bord de chaque route, même dans les coins reculés, on est à peu près sûr de trouver un Seven Eleven. C’est une supérette avec les produits « de dépannage ». Il y a un très large choix de chips, de bonbons et de gâteaux. Il y a aussi des boissons, un petit rayon frais, quelques plats industriels en barquette qu’il est possible de faire réchauffer sur place et quelques produits d’hygiène… Comme toutes les supérettes, les prix ne sont pas très bon marché mais ça dépanne bien, quand le premier hypermarché est à plusieurs dizaines de kilomètres.


Il paraît qu’en Thaïlande, on trouve de tout ! Nous avons quand même noté quelques produits qu’il est difficile (voire impossible) de trouver dans les supermarchés, et qu’on aurait bien aimé savoir avant de partir :
Les compotes : on trouve, selon le magasin, quelques compotes en gourdes vendues une fortune à l’unité au rayon bébé mais ce ne sont pas des compotes de fruits mais des purées végétales ! Donc à base de fruits ET de légumes. La tête grimace de notre mini quand elle a goûté sa « compote » ! D’ailleurs c’est souvent aussi le cas pour les jus de fruits. On trouve surtout des jus végétaux.
Le thé : alors là c’est le drame de mon voyage. Je n’aurais jamais pensé qu’il serait aussi compliqué de trouver du thé et surtout des infusions ici. Même le Big C a botté en touche sur ce coup-là. Dans mon esprit, les feuilles de thé sont plantées et récoltées en Asie. Donc c’était une évidence que j’allais goûter du thé frais et local en veux-tu en voilà tout mon voyage. Mais pas du tout ! Les seuls que l’on trouve de manière systématique sont le thé au gingembre, au jasmin et à l‘hibiscus. Vraiment pas ma tasse de thé (désolé, j’étais obligée de la faire). Et aucune infusion de plantes, ils ne connaissent pas. J’ai trouvé au Lotus de Bangkok un thé à la menthe et j’ai fait le stock. Ca fera l’affaire en attendant.
L’antimoustique : on cherche encore d’ailleurs. Nous n’avions pris qu’un seul flacon car on pensait en trouver facilement sur place. Alors, il existe des antimoustiques, mais pas ceux qui contiennent les molécules que nous a recommandé le pédiatre lors de notre visite de conseils aux voyageurs (DEET 30% et IR3535 35%). On préfèrerait respecter ses recommandations car ces molécules sont efficaces, tout en étant adaptées aux jeunes enfants et aux bébés.
Affaires de bébé : il y a peu de boutiques consacrées aux affaires de puériculture. Dès le 2ème jour, la mini a perdu sa casquette avec la protection de la nuque, nous n’en avons jamais retrouvée. Heureusement, il y avait un Décathlon pas loin, et on lui a trouvé un chapeau un peu large qui couvre bien. Elle n’a pas le style, mais au moins elle est bien protégée ! Le siège auto a été compliqué à trouver aussi. Nous le voulions d’occasion mais même neuf, très peu de magasins en commercialisent. En même temps, les thaï se déplacent en scooters avec leur nourrisson dans les bras, donc pas trop l’utilité d’un siège auto !
Affaires nomades : ils ne sont pas très adeptes du camping ici (je ne les blâme pas vu la chaleur), donc quand nous avons voulu acheter un ou deux trucs manquants et une gourde en inox (la mienne ayant préféré finir le voyage de son côté), ça a été très difficile à trouver. On a fini par trouver une gourde à Décathlon mais pour le reste on s’est adapté sans et c’est très bien ainsi vu les affaires qu’on se transporte.


Un long discours pour dire, que la gastronomie Thaïlandaise vaut le coup de s’y attarder, elle regorge de saveurs incroyables mais que sur du long terme, il n’est quand même pas évident de concilier au quotidien le budget, les envies, les conditions sanitaires, l’accessibilité à des plats à emporter ou à manger sur place (hors restaurants) et surtout l’équilibre nutritionnel. Les grandes surfaces pour faire les courses et cuisiner soi-même ne manquent pas et sont bien fournies, mais uniquement dans les grandes villes.
Quand j’ai commencé l’écriture de cet article, je n’avais pas encore mis les pieds au Cambodge ! Je ne divulgue pas les détails de la suite du dossier sur l’alimentation, mais il y en aura à raconter sur le sujet!






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